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  • En écoutant "La Question Humaine"

    23 fév. 2008, 12h56m



    18h29, je suis toujours pontuel. Je cherche où me placer sur le parvis de Saint Eustache. La nuit commence à tomber. Des enfants jouent au foot. Je me place entre la sculpture de tête et les fontaines. Le bruit de l'eau qui coule est reposant. Je fredonne "Like Horses" de Syd Matters en essayant de retrouver les comparaisons et les paroles. L'éclairage urbain se met en place progressivement comme un frisson sur la peau. D'ailleurs il commence à faire frais, je ferme mon blouson et noue mon écharpe. Je continue à fredonner en regardant les traits du corps du géant du parvis. Je me souviens de la première fois où j'écoutais ce morceau. On était plus ensemble je crois? Oui c'est sur. Et je réalise que ça fait six mois jour pour jour que je l'ai quitté. Ses six mois me paraissent si longs. Tant de choses se sont passées. Je n'ai même pas eu le temps de lui faire connaître "White Chalk". Ca me semble improbable. D'ailleurs on est sensé se parler de quoi lorsqu'on se retrouve? Il y a toujours des sujets à occulter. La nuit s'installe sur la ville dont le délicat éclairage soulève les détails à regarder. Que cette ville est belle! Lui ne l'aimait pas. Est-ce toujours le cas?La Question Humaine
  • Marre de Paris Hilton et de Tokyo Hotel?

    23 fév. 2008, 12h53m

    .... un hotel arrive:



    Il s'agit de "Paris Motel". Quel point commun avec un Formule 1 ou un hotel Ibis?
    Aucun.
    A Paris le 10 avril 2008 à la Maroquinerie, cette caravane circule de date en date, discrète et élégante loin de Paris Hilton à l'arrière de sa voiture avec chauffeur portant comme seul vêtement la ficelle de son tampon. Ici, Amy May, anglaise romantique, dirige avec élégance sa visite de ses quelques patients à travers son "In The Salpêtrière" hors du temps, enchanté. Promenade de santé dans un hôpital envahit par la brume.

    [youtube]http://www.youtube.com/v/1Ob8XIkfASs&rel=1[/youtube]

    Le clip au dessus c'est "After Wanda". Aucun rapport avec Wanda Ribeiro de Vasconcelos.

    Conversation du jour: est-ce que Lio (Wanda Ribeiro de Vasconcelos) va encore planter son nouveau "grand retour"?

    Aujourd'hui jury de la Nouvelle Star, Lio a quelques semaines pour réussir une fois de plus à se faire bouder des Français. Va-t-elle relever ce grand défi personnel? Il y a de grandes chances.
    Alors qu'elle allait enfin réussir un grand retour en 2000 avec son spectacle "Lio chante Prevert" grâce à un choix de sobriété impensable pour elle: cheveux courts, pantalon et voix douce, Wanda a tout foutu en l'air avec l'affaire Cantat. Alors qu'elle chantait le bonheur et l'amour, l'envie de rappeler les médias à elle à tout flingué. Elle nous a fait le retour de la grande gueule, de la violence pour la violence alors qu'elle se voulait porte parole des femmes battues...
    Entre temps, Lio fait plusieurs apparitions au ciné dans des seconds rôles mais, en dépit de ses vraies qualités de comédiennes la sauce ne prend pas. Que ce soit dans les très bons "Carnage" et "Les Invisibles", ou Nadine Trintignant, Catherine Breillat ou Marie Darrieussecq, rien y fait.
    En 2005, Jennifer reprend "Amoureux Solitaires" et on se repenche l'audace de Lio en matière de choix d'aventures musicales. En fin d'année on ressort tous ses albums en essayant de la faire passer pour une icône d'avant-garde, début 2006 elle sort grâce au carnet d'adresse de sa soeur Helena un album de morceaux originaux produit par Doriand et Peter Von Poehl et là elle pète les plombs chez Ardisson et annule sa tournée.
    En 2007, elle fait la tournée des loosers et baisse sa culotte en chantant avec le macho et homophobe Teki Latex de TTC. Comme on lui demande de chanter sur un morceau qui ressemble à un pompage de "Amoureux Solitaires", Wanda ressort ses minijupes, sa frange et ses culottes couleur chaire et provoque plus le ridicule qu'autres choses puisque on se penche plus sur l'existence de ses sous-vêtements lors de ses passages TV. Enervée, Lio claque la porte.
    Alors des paris, comment va-t-elle se saborder lors des primes? Ira-t-elle jusqu'à la fin de l'aventure avec M6?
    Les paris sont lancés.Paris MotelLiodites au prince
  • En finissant "Tom est mort" de Marie Darrieussecq

    20 jan. 2008, 12h22m


    Ca avait commencé par le bruit de la carrosserie qui s'écrase. J'ai toujours identifié ce son à celui du premier pas qu'on pose sur la neige. Lorsque le pied s'enfonce en écrasant des couches de cristaux, strate après strate. Je me souviens du mot "putain" qui a tourné en boucle dans ma tête: "putain, putain, putain, putain" alors que les deux mains cramponnées au volant, le paysage m'échappait avec la voiture propulsée.
    Après c'est confus, je me souviens du double CD collector de Katerine retrouvé sur la chaussée après être sorti par la fenêtre avant. La fenêtre du conducteur. La mienne. On s'est tous hissé par cette sortie après que les tonneaux aient stoppés le véhicule sur son flanc gauche.
    Après, je me souviens du Tabou et de son buzz, de m'être repenché sur le tableau de bord pour couper le contact où tous les voyants étaient allumés, qu'une dame m'avait ramené mes lunettes trouvées sur le bas côtés mais dont l'absence ne m'avait pas frappé, et je me souviens des flics à qui j'ai donné mes papiers et qui m'ont dit que j'avais intérêt à être bien assuré. Je me souviens aussi qu'à ce moment je ne me souvenais de rien. Je me souviens aussi que quelqu'un m'a passé son téléphone pour que j'appelle mes parents. Je ne sais toujours pas si c'était à ce moment précis une bonne idée. D'une voix au sourire forcé j'ai articulé "allo c'est moi, je viens d'avoir un accident, la voiture est morte mais on a rien, je vous laisse je pars en ambulance". Je ne les ai vu que quatre plus tard. Quatre heures sans leur donner de nouvelles, quatre heures à imaginer.
    Lorsque j'ai sonné à l'interphone, je me souviens que ma mère a ouvert la porte d'entrée et c'est avancé vers moi sur notre pallier de rez de chaussée. J'avais quelques égratignures aux mains et mes vêtements étaient tachés par la terre humide qui s'était engouffré durant les secousses.
    En allant me doucher, j'ai retrouvé la fameuse terre humide qui avait eu le temps de sécher dans mes cheveux ainsi que du verre. Plein de petits éclats, et là en me savonnant j'ai commencé à me souvenir, à ravoir des images.
    J'avais repris les cours le lendemain mais j'étais rentré assez vite. Revoir mes passagers ne m'avaient pas aidé. Puis j'ai commencé à entendre des voix. Une voix isolée qui en quarante heures s'était alliée à d'autres. Au début ça me faisait sourire mais j'ai fini par avoir peur. J'avais les images qui revenaient par flash et cette rumeur qui me disait que j'étais responsable de tout, que j'étais un meurtrier.
    C'est lorsque mon père m'a descendu à la gare que j'ai pleuré. La voiture était stationnée devant la gare et ça a commencé par des frissons. Ensuite ma gorge s'est resserrée, j'ai essayé de sortir pour aller chialer ailleurs. Pas devant mon père. Surtout pas devant lui. Rester fier. A quinze secondes prêts j'aurais pu m'écrouler sur le parvis mais non mon corps raide et sec, la tête baissée, n'arrivait à quitter cette voiture.Il m'a dit "ça va" et j'ai juste réussi à cacher ma bouche de ma main, secouer la tête rapidement et finir dans un bruit d'animal qu'on égorge. Il a dit "j'ai compris, on rentre". Après on a traversé la résidence, lui portant mon sac,moi trainant mon corps et mes voix. Quand Bertin est arrivé je n'ai pas tourné la tête pour le saluer. Je n'ai rien dit. Je regardais droit devant. Je ne voyais rien mais je regardais. Le cimetière sur ma droite, puis la prison, puis Poissy et la vallée de la Seine.
    On m'a prescrit de quoi me calmer. Me faire dormir. Moi qui ne dormais pas. Moi qui avait l'habitude de toujours tourner dans mon lit et ne jamais me souvenir de mes rêves. Une fois la première nuit faite, j'ai du aller à la casse où mon père a pris des photos de la carcasse. C'était pour l'assurance. Puis j'ai été faire ma déposition chez les flics en écoutant mon père m'expliquait comment il conduisait. Le lendemain, j'ai dit à mes parents que ça allait et que j'allais partir nourrir les chattes de Marion et que je dormirai chez elle comme convenu. Que tout allait bien.
    Là ce fut l'Enfer. Toujours des voix, toujours l'incertitude du rêve ou de la réalité. Des amis qui passaient et devoir faire l'effort du tout va bien, et raconter à nouveau. Puis s'assoir et pleurer dès qu'il n'y avait personne. Ou rester debout figer et reprendre conscience du corps oublié. Mettre 45 minutes pour faire un trajet parce que je m'étais égaré en terrain connu.
    Et puis j'ai lâché les médocs. Il fallait que je sache si c'était vrai ou pas. Mettre sa main sur la flamme pour savoir si elle est réelle ou pas. Tout était brulure.
    Lorsque j'ai repris les cours, j'avais décidé que c'était pour reprendre la normalité. Comme tout le monde savait que ça ne tournait pas rond, plus besoin de faire d'effort. J'étais fragile et voilà tout. J'ai desserré poings et mâchoires, j'ai posé les armes: mes dix années de lutte contre moi était terminé. J'ai fini par m'adoucir et sourire. C'était le début de ma vie, le début de l'amour. Et j'ai commencé à parler. Fini la coquetterie, il fallait tout dire, même les sentiments. Le jour où je me suis surpris à rire, ça faisait jour pour jour un an. Je l'ai dit à mes parents et on a levé nos verres en trinquant. l'époque où je faisais toujours la gueule avait pris fin.
    Les Créatures
    Katerine
  • En écoutant "Kiss" de Scout Niblett

    20 jan. 2008, 11h06m

    2008 pour l'instant n'est pas une réussite: plus d'ipod, plus de boulôt, plus d'amant.
    Ça va faire un mois que je suis au chômage et ça va faire quinze jours que je suis angoissé par le mot "test" ou plutôt par le groupe "passer des tests". Jusqu'à présent je fonçais tête baissée. Sans me poser de questions, je classais des affirmations, cherchais des familles ou des groupes pour lier des dessins, pour comprendre la logique des autres ou alors je tendais le bras en remontant ma chemise pour qu'on analyse mon sang. Ce dernier test "de personnalité" m'a miné. Oui,car comment peut on avouer rater un test de personnalité? Impossible, le rater signifie juste que ma personnalité est à chier. Alors je m'embourbe dans mon petit quotidien. Je déprime à me réveiller à 9h, prendre mon petit déj et traîner dans mon lit. A n'avoir qu'une activité par jour. Et parfois même la repousser car j'ai un peu peur. Peur de quoi? Que ce rien devienne mon quotidien. je l'ai tellement vu chez d'autres que j'ai peur d'être contaminé. Alors je fuis l'appartement. Je le fuis pour ne pas m'y voir errer. Je déserte donc ma cuisine et dépense mon fric dans des restos. Ou des crèmes pour le visage. Oui des crèmes pour le visage car même si je suis resté un an et demi sans miroir je me suis toujours caché derrière une petite crème de jour ou un antipoche pour les yeux pour aller de l'avant. Depuis quand ce problème? Mes 26 ans, donc en 2003. Non en début 2004 car mon amoureux "ex homme de ma vie" m'avait dit. Tu devrais mettre de la crème, ce serait mieux pour ta peau". Inutile de préciser que ce genre de remarque est un terrain sensible. Me reprocher un truc équivaut à le changer pour améliorer le tout. Alors j'avais été chez Nickel et j'avais acheté une crème pour peau brune et une merde pour les yeux. A mon retour, lorsque je lui ai montré mes achats, il m'a dit "j'ai pas d'argent mais j'allais t'en acheter car c'était plus possible". J'ai vraiment saisi l'urgence. Je pense que c'est inutile mais que c'est mieux. Comme le sport. Je fais du sport en salle non pas pour les gros muscles mais surtout pour mon coeur. Oui, mon coeur je veux le soigner. Je veux qu'il tienne le coup avec mes péripéties. Les légumes dans l'alimentation, ça a été pareil, pour que mon corps se sente mieux. Résultat il va tellement mieux que mon ventre m'a déserté. Ca enterre définitivement les histoires d'exs qui vous reprochez de ne pas être leur genre car vous n'étiez pas maigre. Allé, prends toi ça dans la gueule.
    Mon coeur il doit être fort pour surmonter les sentiments.
    Parfois je me demande ce que sont les sentiments. C'est vrai, c'est quoi?
    La première chose qui me vient à l'esprit, c'est le film de Noemie Lvovsky avec Bacri, Carré, Baye et Poupaud. Les sentiments, c'est le film d'une comédienne qui réalise aussi des films. Les sentiments c'est donc que du cinéma... du faux semblant.
    Je ne sais plus. Ca me rappelle ce mail: "Salut,désolé pour le lapin hier. Je n'écoute jamais les messages sur mon répondeur en entier (très mauvaise habitude, je sais), je suppose que tu me parlais du verre dans ton message de la veille. Du coup, j'ai invité qq un à dîner chez moi et n'ai pas pu venir.
    Par ailleurs, je pense qu'on va devoir arrêter de se voir. Je n'ai aucune raison pour ça, si ce n'est pas que je n'en ai pas envie. Tu es charmant, sexy et on s'entend bien, je trouve, mais sans sentiments, j'ai un peu de mal à entretenir un début de relation. J'espère néanmoins qu'on se recroisera...bises," Pour le coup, c'est pas l'absence de sentiments qui me gène car se fréquenter quinze jours puis faire face à 15 jours de silence radio n'aide pas à développer les sentiments. Ce qui me gène là, c'est l'absence de considération... Qui envoie un mail pour quitter un mec? Un eunuque parce qu'il a pas de couilles. Peut être. Ce qui est drôle c'est que ce mail arrive après un message de ma part. Le message c'était "..." car j'avais fini par retourner sur le site où on s'était rencontré et que je voyais que la veille, alors qu'on l'attendait pour boire un verre, lui était sur le net avec une nouvelle photo sur son profil. "moi je kiffe qu'on me dise respect" chante Diams. Même Diams et Vitaa elles comprennent la notion de respect. D'élégance peut être pas, mais de respect oui.
    En tout cas, Noemi Lvovsky elle joue dans "Actrices" de Valeria Bruni Tedeschi et elle je l'admire pour son impudeur. Dans combien d'étapes je suis comme elle?

    This Fool Can Die Now
  • En recherchant mon album de Encre

    15 jan. 2008, 10h54m

    Plantons le décor: Bercy Village, le premier samedi des soldes d'hiver. Solde de mon compte: quasi zéro. En plus, je suis sorti sans prendre mon microsac avec papiers d'identité aux coupes de cheveux lointaines et porte-monnaie aux piècettes consacrées à prendre le café.
    Le but: aller chez Agnes B accompagner Pheel pour qu'il trouve un pantalon Jackson.
    Dans ma vie de pétasse sans intérêt, il faut avouer que j'aime Agnes B. Je regarde un peu tout sans trop poser les yeux et j'écoute. J'écoute une folk d'un autre temps et d'un autre âge. Je ne sais si c'est un homme ou une femme qui chante. Je demande à Pheel entre deux blousons "Tu connais?". Il ne connaît pas. Je vais à la caisse et je demande "A tout hasard, vous connaissez le nom de l'artiste qui passe?". Le caissier me regarde gentiment et me dit "je vais voir mais je ne suis pas sur de pouvoir vous renseigner car nous avons un problème de pixels". Là je ne comprends pas quel rapport avec les pixels.
    Il revient et me tend un papier. Il me dit qu'il va le recopier mais qu'il n'est sur de rien. Sur le papier est inscrit
    <center>"THE STRANGED MORSE
    Shurning stride"</center>

    Je le plie et le range dans la poche arrière de mon jean.

    Lundi matin, le papier est déplié sur mon bureau. Je googlise ce nom qui ressemble à une formule magique et tombe sur "Thee, Stranded Horse" et "Churning Strides". Le Chanteur "Thee, Stranded Horse" est le chanteur de "Encre" dont un maxi tout fragile repose enlassé par deux autres maxis dans une pile du salon. Sur ce projet, Yann Tambour, puisque c'est son vrai nom, change de pseudo et compose huit morceaux à la Kora malienne. Ce petit blanc pince les cordes, seul, et chante en anglais sauf sur un morceau où il retrouve le français.
    En rentrant dans la nuit je l'ai téléchargé. Pas très cher sur I-tunes: 7,92 €. Il passe aussi en concert au Café de la Danse, 12 €, ce 21 janvier. Depuis je l'écoute et j'en suis ravi.
    On récapitule: pour moins de 20 € on a l'album et la place de concert... le même prix qu'un sauna, sauf qu'on ne finit pas avec une serviette trempée et une odeur de gel douche bon marché, seul sur un trottoir à se demander si on choppe un taxi ou si on rentre à pieds...
    Comme quoi Agnes B c'est vraiment bien. Sauf pour aller au sauna, n'utilisez pas ses capotes, elles se trouent.Thee, Stranded HorseEncre
  • En recherchant mon album de Encre

    15 jan. 2008, 10h51m

    <a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_mVHeAzGGj5c/R4yBc_D7BtI/AAAAAAAAAcA/dgatFCmYEe0/s1600-h/THEE+STRANDED+HORSE.JPG"><img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_mVHeAzGGj5c/R4yBc_D7BtI/AAAAAAAAAcA/dgatFCmYEe0/s400/THEE+STRANDED+HORSE.JPG"; border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5155638008396580562" /></a>

    Plantons le décor: Bercy Village, le premier samedi des soldes d'hiver. Solde de mon compte: quasi zéro. En plus, je suis sorti sans prendre mon microsac avec papiers d'identité aux coupes de cheveux lointaines et porte-monnaie aux piècettes consacrées à prendre le café.
    Le but: aller chez Agnes B accompagner Pheel pour qu'il trouve un pantalon Jackson.
    Dans ma vie de pétasse sans intérêt, il faut avouer que j'aime Agnes B. Je regarde un peu tout sans trop poser les yeux et j'écoute. J'écoute une folk d'un autre temps et d'un autre âge. Je ne sais si c'est un homme ou une femme qui chante. Je demande à Pheel entre deux blousons "Tu connais?". Il ne connaît pas. Je vais à la caisse et je demande "A tout hasard, vous connaissez le nom de l'artiste qui passe?". Le caissier me regarde gentiment et me dit "je vais voir mais je ne suis pas sur de pouvoir vous renseigner car nous avons un problème de pixels". Là je ne comprends pas quel rapport avec les pixels.
    Il revient et me tend un papier. Il me dit qu'il va le recopier mais qu'il n'est sur de rien. Sur le papier est inscrit
    <center>"THE STRANGED MORSE
    Shurning stride"</center>

    Je le plie et le range dans la poche arrière de mon jean.

    Lundi matin, le papier est déplié sur mon bureau. Je googlise ce nom qui ressemble à une formule magique et tombe sur "Thee, Stranded Horse" et "Churning Strides". Le Chanteur "Thee, Stranded Horse" est le chanteur de "Encre" dont un maxi tout fragile repose enlassé par deux autres maxis dans une pile du salon. Sur ce projet, Yann Tambour, puisque c'est son vrai nom, change de pseudo et compose huit morceaux à la Kora malienne. Ce petit blanc pince les cordes, seul, et chante en anglais sauf sur un morceau où il retrouve le français.
    En rentrant dans la nuit je l'ai téléchargé. Pas très cher sur I-tunes: 7,92 €. Il passe aussi en concert au Café de la Danse, 12 €, ce 21 janvier. Depuis je l'écoute et j'en suis ravi.
    On récapitule: pour moins de 20 € on a l'album et la place de concert... le même prix qu'un sauna, sauf qu'on ne finit pas avec une serviette trempée et une odeur de gel douche bon marché, seul sur un trottoir à se demander si on choppe un taxi ou si on rentre à pieds...
    Comme quoi Agnes B c'est vraiment bien. Sauf pour aller au sauna, n'utilisez pas ses capotes, elles se trouent.