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  • Sourya @ Cabaret Electric le 4/IV '10

    29 mars 2010, 17h08m

    Le Cabaret était clairsemé Jeudi 4 Mars pour accueillir les quatre Parisiens de Sourya. C'est pourtant en live que le groupe donne tout ce qu'il a, loin de l'ambiance apaisée de l'enregistrement studio de Dawdlewalk, leur premier album. Compte-rendu d'une prestation plus qu'honorable.

    Après l'agréable première partie assurée par le havrais Sheraf, Sou, le chanteur, démarre par un morceau sobrement intitulé Numéro 1, interprété en guitare/voix et sans fioritures, rappelant certains arpèges de Thom Yorke & co. Les trois autres membres du groupe arrivent sur scène pour Akzidens. La configuration scénique est désormais orientée vers la musique électronique : un MacBook Pro, un clavier Korg, deux synthétiseurs Roland, un Touchpad et une Nintendo DS ! L'arsenal déployé a presque de quoi faire pâlir Jean-Michel Jarre.
    Les beats sont lâchés, les claviers sont branchés et la machine Sourya est lancée. Accélération du tempo par le Touchpad d'Arnaud et excentricité sonique de la DS de Sou, la salle se met rapidement à danser. Sou annonce le troisième titre de la soirée « For Girls », à l'ambiance évidemment plus posée. Le Cabaret est peut-être à moitié rempli mais est assurément conquis.

    Le chanteur délaisse sa DS pour reprendre la Telecaster utilisée sur Numéro 1 et entame le premier riff de Unsuspected, le morceau le plus convaincant de la soirée. Les claviers se répondent énergiquement et ce dynamisme se retrouve dans les premiers rangs de la fosse. Le groupe passe ensuite à Stockholm 1973. Lors du solo de Sou, la complicité entre les quatre musiciens est bien réelle : les quelques fausses notes sur une improvisation aux tonalités africaines arrache un sourire amusé à Rudy et Julien. Avant d'enchaîner par Numéro 2, Sou décide de motiver le public : « Est-ce qu'on entend la guitare ? », demande-t-il hilare. L'audience montre son enthousiasme par des sifflets et des applaudissements. Un peu de delay et voilà le groupe reparti pour des rythmiques efficaces- et très dansantes. Pour Sleep Stage Zero, retour à la DS, toujours associée à des claviers déchaînés. La fosse continue à bouger. Le temps de jouer Chimney couplée au single Anatomy Domine et Sourya quitte déjà la salle pour un rappel.

    Le dernier titre du concert est une reprise : Mad World des Tears For Fears, qui se refait une beauté electro grâce aux machines d'Arnaud, Julien et Rudy. Le public réagit immédiatement et s'agite pour la dernière fois de la soirée.

    Sourya laisse le Cabaret dans une excitation palpable et enrichit son potentiel en live, en prenant le pari de proposer sur scène une musique brute et enjouée, bien différente de la production léchée de Dawdlewalk. Le risque a été payant : après avoir accroché les oreilles britanniques, il devrait satisfaire dans peu de temps, celles d'un large public français.
  • Clues @ Cabaret Electric 12/II '10

    16 fév. 2010, 11h32m

    Ven. 12 fév. – Clues, La Terre Tremble !!!, Jerusalem In My Heart


    Clues, les derniers trublions en date de Constellation Records, ont débuté leur seconde tournée européenne par une date havraise au Cabaret, vendredi 12 février 2010. Ils étaient accompagnés pour l'occasion par le duo Jerusalem In My Heart et le trio La Terre Tremble !!! Des expérimentations rock à une pop hybride débridée, cette soirée faisait la part belle aux décalages en tout genre.

    
21h00 Les Jerusalem in My Heart, arrivent pour une improvisation de dix minutes, pas une de plus, pas une de moins. Chant incantatoire et clavier obscur, le duo prêche quelque peu dans le désert, tant la prestation est courte et la démarche déroutante.

    
21h20 Arrivée de La Terre Tremble !!! sur scène. Les trois musiciens visiblement mal à l'aise en public jouent sans plus attendre. Shoegazing et distorsion, les deux guitares crissent, la batterie encaisse les chocs. Le trio offre des morceaux aux structures abruptes et difficiles d'accès, malgré un plaisir palpable dans le jeu. Une corde lâche juste avant le dernier morceau sous la force des attaques de mediator. Le concert des Rennais a été une suite de compositions ambitieuses à la limite du galimatias sonore, destinées à une audience aux esgourdes solides. Bilan mitigé dans la fosse.

    22h30 Place aux mélodies raffinées des cinq canadiens de Clues, après deux premières parties plutôt agressives. Alden Penner, leader de la formation, salue la fosse et le remercie de sa présence : « Bienvenue à l'Olympia culturel du Havre, nous sommes Clues et nous allons bâtir des chansons avec vous. Merci de votre soutien. »
    Le set s'ouvre sur Elope, un titre vaporeux où le chant rappelle la mélancolie de Sigur Rós. Guitare légère et choeurs élégants assurés par deux claviéristes, cette douce introduction enchante la fosse. Le deuxième morceau contraste avec cette ambiance tranquille : les deux batteurs vont s'atteler à la rythmique rock de Cave Mouth par une conjugaison de frappes parfaitement sychronisées. Malgré le tranchant de cette chanson, tous les musiciens restent très concentrés devant leurs instruments. Leur méticulosité détonne vraiment avec l'énergie dégagée devant nous.
    Les doubles humbuckers de la guitare d'Alden Penner commencent tout juste à s'échauffer pour Crows qui met encore les deux batteurs à contribution. Le chanteur remercie l'assistance pour son bon accueil et continue avec une version accélérée de Perfect Fit, une des chansons les plus représentatives du songwriting des Clues, à la fois inventif et efficace.
    La voix de fausset en harmonie avec la rythmique menée par les synthétiseurs ne sont que le prélude d'un refrain jubilatoire. Let's Get Strong apaise ces ardeurs sans faire retomber l'enthousiasme. Des sourires s'affichent sur de nombreux visages de la fosse.
    Alden Penner prend ensuite le micro pour parler du deuil national d'Haïti un mois jour pour jour après le séisme et de la cérémonie d'ouverture des JO d'hiver de Vancouver, deux événements qui ont lieu à la même date. Le public n'est pas vraiment réceptif à son discours. Il enchaîne rapidement par Remembered Severed Head qui remet les pendules à l'heure.
    Il laisse ensuite son micro à un des deux batteurs, Brendan Reed membre éphémère d'Arcade Fire, et le remplace à son précédent poste pour jouer You Have My Eyes Now. Cette nouvelle voix n'enrichit pas concrètement la palette sonore du groupe, c'est surtout l'attitude de l'artiste qui nous laisse perplexe : regard fixé vers le fond de la salle, évoluant sur scène comme possédé. Il retourne sagement à son instrument pour laisser Alden Penner retrouver son premier rôle et nous faire de nouveau part de ses pensées à propos de la situation des habitants d'Haïti, auxquels il adresse une prière en créole. « Prier, c'est espérer » nous assure-t-il avant d'enchaîner par Haarp puis Ledmonton, pop song en puissance portée par des choeurs simples et accrocheurs, repris immédiatement par le public.
    Une fois le dernier accord plaqué, il change de registre pour la nébuleuse In The Dream, caractérisée par ses couplets en français et en anglais : « Si cette chanson était faite pour chanter, celle-là est faite pour danser. » La très dynamique Approach The Throne, au rendu impeccable sur scène, est le dernier morceau joué avant le rappel.

    
23h20 Après avoir joué l'intégralité de leur premier album, le groupe revient pour un unique titre inédit, un agréable instrumental tirant sur le prog rock. Ils saluent la salle et s'apprêtent à nous quitter alors que le premier rang prend l'initiative de chanter le choeur de Ledmonton pour prolonger un peu la fête.
    Visages amusés des Clues qui se retirent en toute modestie. Avec ce set à la fois nerveux et totalement maîtrisé, les canadiens se sont montrés à la hauteur des éloges que l'on peut lire aux quatre coins de la toile. Ils ne leur restent plus qu'à confirmer cette performance aux six coins de l'hexagone.
  • Julian Casablancas @ Bataclan 8/XII '09

    26 déc. 2009, 13h02m

    Le leader des Strokes se la jouait solo fin 2009 pour une série de concerts événements dans toute l'europe, afin de présenter son premier album Phrazes For The Young, issu de sessions studio entre New-York et Los Angeles. Son concert au Bataclan le 8 décembre dernier était très attendu comme l'a prouvé l'accueil qui lui a été réservé lors de son passage au Grand Journal la veille. Excitation justifiée ?


    20h20 Les Neon Indian, sensation indie venue du Texas qui s'est déjà forgée un nom sur la toile (merci Pitchfork), arrivent sur scène. On est surpris par le manque de cohérence dans le jeu et l'attitude des musiciens, s'agitant sur des plans de synthés mielleux ou des percissions basiques, qui ne servent pas vraiment à rendre plus incisifs des morceaux enregistrés en studio sur une simple boite à rythme. Une musique faussement excentrique au goût fade, un Passion Pit sous Valium. La pilule a d'autant plus de mal à passer que le son, pour le moins approximatif, n'est vraiment pas à la hauteur de la salle. Une demi-heure de show poussif qui a n'aura fait qu'aiguiser la curiosité du public, désireux de découvrir la portée live des compositions de l'américain.

    21H00 Les « Sick Six », composés de deux guitaristes, deux batteurs, et deux claviéristes, commencent à jouer Ludlow Street, Julian Casablancas fait son apparition et se met à chanter, étouffé par les cris des premiers rangs. Une entrée en matière convaincante mais loin d'être exceptionnelle, qui ravit les fans les plus fervents. Le chanteur enchaîne par River of Brakelights, tout aussi tranchante en live, et se jette dans la fosse en plein milieu du titre. Hystérie dans la fosse qui ne le libère qu'à la toute fin du morceau. « Vous êtes des fous », c'est ce qu'il nous affirme Julian tout sourire, dans un français impeccable. Il entamme ensuite Out of the Blue, jouée sans grande conviction tout comme au Grand Journal, suivie d'11th Dimension, premier single aux claviers résolument eighties, qui redynamise quelque peu la salle. Left & Right in the Darkparvient péniblement perpétuer cette énergie mais peine à atteindre se pleine intensité. Nous sommes déjà à la moitié du concert et la qualité du son ne s'est pas franchement améliorée. Faire sonner six instruments sur une si petite scène était un pari risqué. Heureusement la prochaine chanson parvient à relever le niveau : I'll Try Anything Once, version démo de You Only Live Once des Strokes, jouée dans une version sobre et habitée. Moment de grâce au milieu d'une démonstration plutôt brouillonne. Le temps de jouer une inédite puis Glass, et Julian Casablancas s'éclipse déjà pour le rappel. Il est 21h40.

    21H40 Il revient rapidement avec un des morceaux le plus convaincant de la soirée : 30 minutes boyfriend, bonus de l'édition collector de Phrazes For The Young. Malgré des synthés au volume trop élevé, la qualité du chant parvient à dépasser une section instrumentale desservie par une conjugaison des différents effets à la limite de la cacophonie sur certains titres. Dernière chance avec 4 Chords of the Apocalypse. La voix puissante de Julian Casablancas est toujours au rendez-vous, formant un tout plus cohérent avec des instruments se superposant d'une manière plus harmonieuse. Mais parvenir à cette alchimie au dernier morceau est très frustrant.

    21H50 Julian Casablancas, icône rock des années 2000, nous laisse sur notre faim en délivrant un (court) concert sympathique tout au plus, indigne de ses efforts studios, malgré un potentiel perceptible sur quelques titres. Il nous annonce avant de se retirer qu'il sera bientôt de retour dans la capitale et que l'aventure avec ses copains des Strokes n'est pas encore fini. L'attente est sûrement préférable à la déception.
  • Wild Beasts @ Cabaret Electric 1/XII '09

    20 déc. 2009, 18h09m

    Les Wild Beasts s'étaient déjà frayés un chemin dans la jungle luxuriante de la pop depuis Limbo Panto, leur premier album prometteur sorti en 2008, encensé dans tout le Royaume-Uni. Le deuxième album Two Dancers, où le lyrisme d'Hayden Thorpe, chanteur guitariste, bassiste, et pianiste s'harmonise encore plus précisément au jeu leché de sa ménagerie, est une des perles des sorties 2009. Le Cabaret a accueilli ces bêtes curieuses mardi 1er décembre pour une prestation sauvagement orchestrée.

    20H00 The Fun Power Plot est le premier titre joué par les Anglais. La rythmique tribale de la batterie munie d'une paire de bongos, alliée à la maîtrise froide du vocaliste soprano suggèrent d'entrée un talent scénique certain, qui sera confirmé par l'interprétation d'All The King's Men, où le bassiste donne lui aussi de la voix. La polyvalence des musiciens est frappante, nombreux sont les échanges d'instruments, entre le chanteur et le bassiste. Ils poursuivent, arprès avoir remercié le public pour sa réactivité. His Grinning Skull et Please Sir, toutes deux extraites du premier album, réussissent elles aussi à exalter l'audience. Malgré une fatigue visible, les fauves se déchaînent sur des mélodies à la fois bestiales et aérées, comme si Antony avait décidé de laisser libre cours à sa fantaisie en plein coeur d'un opéra pop-rock improvisé. Empty Nest portée par un choeur lancinant perpétue la fluidité d'un show qui tient toute ses promesses, suivie de Two Dancers, chanson tout en retenue, qui souligne les aptitudes vocales de Tom Fleming, le bassiste. S'il joue sur les deux tableaux, Hayden Thorpe n'en pas en reste, puisqu'il joue la ligne de basse sur This Is Our Lot, morceau à la progression enchanteresse. Deux gorgées de bière et le groupe est reparti pour interpréter son denier single Hooting & Howling, inscrit au top des meilleures chansons 2009 de la BBC. Le son clair de la Burns de Ben Little, lead guitariste, plonge le Cabaret dans une rêverie aigre-douce, entre l'atmosphère subtilement noire du chant et la régularité du batteur Chris Talbot. The Devil's Crayon, avec ses guitares éffrénées et son pont en double-voix au rendu impressionant sur scène, puis la bouillonante Brave Bulging Buoyant Clairvoyants consacrent la virtuosité du quatuor avant le dernier titre de la soirée : la bien nommée Cheerio Chaps Cheerio Goodbye. Les Wild Beasts ont délivré un set intense, violemment mélodique et délicieusement animal, dont la fosse est ressortie grisée mais pas complètement rassasiée.


    Si vous voulez les (re)découvrir, faites un tour du côté de leur site officiel http://wildbeastshoxton.dominorecordco.com/, vous y retrouverez l'intégralité d'un live enregistré cet été.
  • Fink @ Cabaret Electric le 17/XI '09

    29 nov. 2009, 14h27m

    La fine folk de Fink était l'invité d'honneur du Cabaret, mardi 17 novembre, pour la dernière date française du Sort Of Revolution Tour. Retour sur un show intimiste et aérien, à l'image des trois musiciens de la formation britannique.

    20h45 Arch Woodmann, jeune groupe français partagé entre Paris et Brest, a pris ses guitares à deux mains pour faire patienter la fosse et offrir une musique stellaire ponctuée d'accents noise, qui se fait entendre comme l'écho sonore des étranges chromatismes de Draped Horse Blue Licorne Argentée Leather Blue, leur premier album à paraître. L'arsenal présent sur scène, une Telecaster, une Jaguar et une Jazz Bass signées Fender, une batterie, un clavier muni d'un vocodeur, un ukulele, une flûte traversière et un mini xylophone, rappelle celui d'Arcade Fire, référence palpable dans de nombreuses chansons jouées ce soir-là. Ils laissent la place aux Anglais sous les applaudissements, après 50 minutes de mélodies soigneusement fignolées.

    22h00 La simplicité de la configuration scénique du trio détonne avec l'opulence d'instruments de la première partie, elle se résume à une batterie jazz, une imposante basse six cordes et une guitare electro-acoustique reliée à des pédales d'effets. C'est la voix suave de Fin Greenall qui va se charger de faire résonner en live, l'onirisme latent des compositions studio. Après avoir invité le public à s'asseoir, la ligne de basse de Blueberry Pancakes arrive à nos oreilles, un des premiers morceaux de bravoure de l'album Distance and Time. Assis en tailleur et le regard rivé vers le chanteur, le public se laisse emporter par ses volutes vocales et les mouvements de sa tête dodelinante. Move On Me entretient la pesanteur de cette atmosphère quasi mystique, tout comme le jeu de guitare subtilement percussif sur Six Weeks, rendant les applaudissements de plus en plus enjoués. Fin Greenall s'installe alors sur un tabouret pour égrenner le lumineux arpège de Make It Good et poursuit la cérémonie. La cadence beaucoup plus rapide de Maker, vient contraster avec les chansons précédentes mais réussit elle aussi à obtenir l'adhésion d'un auditoire captivé par la prestation délivrée par le combo. A la fin du morceau, le bassiste, hilare, affirme qu'il a « un dub cadeau » pour nous : Sort of Revolution, qui s'étire dans des nappes de delay triturées par le chanteur, grâce à son pedalboard. L'ombre de Jonny Greenwood n'est pas loin. Dans le fond, deux silhouettes dancent silencieusement, dans une délicate transe. Les yeux se ferment, les oreilles se délectent. This Is the Thing permet de revenir au tempo serein du début du concert, les paupières restent closes jusqu'au final du batteur. Le groupe enchaîne sur un morceau de Sort of Revolution, See It All dans une version épurée, sans calvier. Le chuintement de cordes sur les changements d'accord devient perceptible et renforce la spontanéité du chant. Le bassiste et le batteur nous quittent provisoirement pour laisser Fin Greenall interpréter seul Pretty Little Thing, chanson qu'il avait jouée avec Manu Katché, lors d'un passage remarqué à One Shot Not. Cette fois-ci, ce sera guitare-voix, tout simplement. Une grâce tranquille émane de ce set-up minimalisme, permettant d'appuyer une voix ample et mélancolique, aux confins du blues et de la folk. Les deux instrumentistes reviennent et jouent Biscuits, extraite du premier album, avant de s'atteler à Sorry I'm Late. Nouvelle facétie du bassiste qui nous présente le morceau comme« le dernier titre de la tournée européenne » et donc le dernier titre joué ce soir. L'intense bourdonnement de guitare et les envolées de batterie confirme la portée live des compositions du groupe. Chaque membre du trio range ses instruments sous une déferlente d'appludissments. La pressing fonctionne et les musiciens reviennent s'installer sur scène trois minutes plus tard...
    Lors du rappel, Fink nous invite de nouveau à s'asseoir et espère nous donner la chair de poule. Mission accomplie en deux temps : So Many Roads, peut-être un autre clin d'oeil au rythme éfréné des tournées, suivie de la magnifique If Only, qui laisse bien des regards pensifs, pour clore cette heure passée en compagnie d'une musique organique, à la fois sincère et volatile.

    « Pleasure » déclare Fin Greenall avant de nous saluer et rejoindre les loges. Le public quitte la fosse, le poil encore hérissé, l'esprit toujours envoûté. Le plaisir était pour nous, messieurs.
  • The Jim Jones Revue @ Cabaret Electric 31/X '09

    8 nov. 2009, 20h08m

    Sam 31 oct. – The Jim Jones Revue, Asphalt Tuaregs

    La nouvelle sensation du rock garage en provenance de Londres, The Jim Jones Revue, est venue défendre son premier album au Cabaret, le samedi 31 octobre. Voici le compte-rendu d'un concert qui a mis les tympans Normands à rude épreuve !

    21h Les Havrais d'Asphalt Tuaregs ont ouvert le bal avec un show d'une petite heure riche en rythmiques puissantes et compositions noyées sous la distorsion. Une mise en bouche qui ne fait qu'éveiller l'appétit de l'audience, bien décidée à s'agiter. Tout le monde est désormais prêt pour accueillir le quintet rock londonien.

    22h Nick Jones, le batteur, est le premier à entrer sur scène, suivi du pianiste Elliot Mortimer, du bassiste Gavin Jay, du guitariste Rupert Orton et du chanteur Jim Jones. Ils saluent assez timidement le public et s'installent tous à leur poste pour démarrer par une reprise d'un tube de Little Richard : Hey Hey Hey Hey. La fosse accroche directement à l'énergie déployée par le combo, tout en swing et en puissance. Malgré une voix couverte par les instruments, Jim Jones s'égosille pour montrer qu'au chant, il reste le patron. Et ça fonctionne : de nombreuses personnes se déhanchent furieusement dans les premiers rangs. Le groupe récompense cette bonne humeur par un lancer de bonbon en hurlant un frénétique « Halloween Trick or Treat ! » et enchaîne par Another Daze, qui attise les braises rock du premier morceau.

    Les Jim Jones Revue décident alors de faire monter la température avecMake it Hot. Les décibels augmentent, notamment grâce au batteur qui cognent les fûts avec deux baguettes et une maraca. La fosse a une solution toute trouvée pour lutter contre la chaleur : de la bière, et beaucoup ! C'est donc tout naturellement que les premiers rangs se retrouvent aspergés d'houblon, au gré des mouvements approximatifs des « danseurs », qui se trémoussent derrière eux. Burning Your House Down continue d'enflammer les spectateurs : certains lancent des slams ou des pogos. Jim Jones interpelle alors l'auditoire, et lui demande de chanter le refrain « Here we go, nice and slow !» lorsqu'il jouera les premières notes de Cement Mixer, chanson qui avait déjà enjoué le public avec ses guitares affûtées, lors de leur prestation enregistrée pour l'Album de la Semaine, l'émission de Canal +. Même effet au Havre ! Plus aucune intervention des Anglais pendant 512 et Who's Got Mine, où le pianiste mouille littéralement la chemise, jusqu'à l'excellent Fish to Fry et son chant syncopé. Après un break inattendu, Jim Jones renvoie le refrain a capella, d'une voix déchaînée mais toujours inpeccablement maîtrisée. Ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin et continuent avec une inédite, Elemental, avec laquelle ils font participer le public, heureux d'être si souvent mis à contribution. Cette nouveauté est aussi bien accueillie que les titres de l'album. Une seconde reprise suit, du King cette fois-ci, avec Big Hunk O'love, vigoureusement revisitée par un duo de guitares explosives. Les musiciens s'en vont, et reviennent deux minutes plus tard pour un rappel de trois titres.

    Le premier d'entre eux est The Meat Man, qui prouve une nouvelle fois l'intensité du son rugueux caractéristique de la formation. Le jeu très direct des Jim Jones Revue retranscrit en effet à merveille l'ambiance de l'album, enregistré sur un 4 pistes en seulement 48 heures.Rock'n'Roll Psychosis et sa brutalité mélodique oblige les musiciens à tout donner, au point que la sangle de guitare de Jim Jones se fait la malle. Qu'à cela ne tienne, il fait crisser les cordes contre son pied de micro puis tend sa Gibson aux mains de la foule, tandis que les quatre autres instrumentistes, aussi imperturbables que lui, plaquent une rythmique solide et fiable en toutes circonstances. Fiers de cette démonstration de Rock'nRoll, un sourire s'affiche sur le visage de chaque membre du groupe avant de commencer l'interprétation du dernier titre de la soirée : Princess & the Frog. Même si le coassement de grenouille que l'on peut entendre sur la version studio n'est pas samplé pour la scène, la magie opère dans la salle et leur prestation achève de conquérir le public, déjà impressioné par la vitalité de ces curieux rockeurs aux tonalités punk et blues.

    The Jim Jones Revue remercient le personnel du Cabaret avant d'adresser un « Goodbye » reconnaissant de la bonne réactivité de la fosse et quittent la scène par des applaudissements nourris. C'est désormais une certitude, le glas du Rock n'a pas encore sonné outre-Manche !
  • West Ryder Pauper Lunatic Asylum Tour : Live Report

    30 oct. 2009, 23h56m

    Ven. 23 oct. – Kasabian


    Le relatif silence de Blur et le récent split d'Oasis à Rock en Seine cet été n'ont pas réussi à atténuer l'effervescence de la scène rock de cette chère perfide Albion : les performances live de Kasabian prouvent que la britpop est loin d'avoir fait résonner ses dernières guitares. Le quatuor, de passage au Bataclan le 23 octobre dernier pour défendre leur troisième album West Ryder Pauper Lunatic Asylum, a délivré une prestation à faire palir d'envie les frères Gallagher. Retour sur une épopée live, menée de main de maître par quatre garçons dans le nouveau souffle du rock.

    20h00 : Les portes du Bataclan s'ouvrent, les sièges du balcon sont tous occupés, la fosse déjà quasiment remplie. Certains fans arborent un maillot de foot customisé aux couleurs du groupe en souvenir du Kasabian Football Tournament, organisé en France en juin dernier. DJ Dan, venu assuré la première partie, est déjà aux platines. Un mix fade se résumant à enchaîner les tubes les plus éculés du classic rock, de Led Zeppelin en passant par les Doors. Le public se lasse vite, de plus en plus impatient d'écouter les kids de Leicester.

    20h30 DJ Dan laisse sa place aux roadies, qui s'assurent des réglages des nombreux instruments présents sur scène. Côté guitare les Gibson, Rickenbacker, Gretsch, et autre Vox sont là pour assurer le show. La sono n'est pas en reste avec deux beaux Marshall de part et d'autre de la scène. Les fûts, estampillés Zildjian, promettent quant à eux un son brut et intense. Le groupe se fera désirer pendant encore une demi-heure, juste le temps qu'il faut pour que la fosse soit pleine à craquer.

    21h00 Le combo arrive sur scène, accompagné du guitariste soliste Jay Melher. Tom Meighan, le chanteur, porte un trench-coat en cuir, qu'il ne quittera qu'une fois la salle conquise. C'est Julie and the Mothman qui ouvre les festivités : une b-side de leur premier single qui s'avère être très efficace. Tellement efficace que le premier slam est lancé au bout d'une minute à peine. Elle est suivit d'Underdog, le fameux single utilisé cette année dans une pub pour Sony, (mais oui...celle où Kaka s'amuse comme un petit fou avec un ballon sur un écran géant), qui continue d'électriser la fosse dont les premiers rangs semblent pour le moins alcoolisés. Leur dernier single Where did all the love go ?confirme l'idéniable énergie du groupe : après trois chansons la salle chargée d'effluves moites d'houblon mêlé de sueur, est transformée en véritable pub. So british ! Ils continuent avec une instrumentale issue du dernier album à la batterie très dynamique limite tribale, Swarfiga, qui n'est en fait qu'un féroce prélude au désormais incontournable Shoot the Runner taillée pour faire bouger le public. Pour la petite anecdote, ce tube a aussi été utilisé dans un spot publicitaire pour la promotion d'une Renault en 2007. Les fans exultent, les puristes attendent d'autres bonnes surprises dans cette setlist. Ils sont tout de suite récompensés par un morceau du premier opus : Cutt Off et son refrain repris en choeur par toute l'audience, qui est maintenant en nage. La douce Thick as Thieves et la délicatement épicée West Ryder Silver Bullet rafraîchissent quelque peu la fosse, devenue fournaise. C'est Empire, un des titres phares du deuxième album qui envoie de nouveau le charbon puis c'est au tour de la mélodie à consonnance orientale de Take Aim de faire mouche, grâce notamment au chant du toujours classe Sergio Pizzorno, Trilby vissé sur la tête. Processed beatsentraîne l'ensemble des spectateurs dans un chant hypnotique à deux voix, laissant planer une tension délicieusement palpable qui éclate lors du premier riff de Fire. C'est d'ailleurs ce moment que choisit le chanteur pour quitter son long manteau. Hystérie dans la salle, quelques agents de sécurité viennent copieusement arroser d'eau glacée les plus excités qui se bousculent pour atteindre le premier rang. Les vigoureux « Paris, Paris, Paris ! » lachés au micro, exhorte la foule à se trémousser de plus belle. Le groupe semble prendre du plaisir à jouer et se montre de plus en plus extraverti. Après avoir annoncé (ou plutôt crié) « This is for the fast fuckin' fuse ! », les premières notes de Fast Fuse se font entendre. Deuxième douche offerte par le staff du Bataclan pour les plus déchaînés. La vapeur retombe avec le chef-d'oeuvre intimiste The Doberman, malgré l'étouffement des pistes de trompette pré-enregistrées, pour cause de guitares survitaminées. L'autre petit raté sera le faux départ sur le morceau suivant, Club Foot, brillamment rattrapé par l'impeccable maîtrise dont ont fait preuve les musiciens, faisant de ce morceau un des titres les plus furieux joués ce soir. C'est sur ce coup d'éclat que la joyeuse tribu nous quitte provisoirement, afin de mieux revenir pour un rappel plus que nécessaire, aux yeux un peu dilatés de l'ensemble de la salle.

    22h00 Une fois le sample de guitare de Vlad the Impaler lancé, les têtes recommencent à remuer, et les corps à s'agiter. Stuntman poursuit le mouvement. La très attendueL.S.F. (Lost Souls Forever)clôture avec brio un concert très réussi. Le groupe remercie son public avec un bref mais sympathique « Au revoir Paris ! »


    22h15 Les spots se rallument déjà. Les gobelets en plastique s'amoncellent sur le sol et malgré l'extrême chaleur ambiante, le public a du mal à quitter les lieux, désireux de faire encore tourner l'emblématique boule à facettes de la salle Parisienne.