Articles

  • Opeth - Orchid - 1995

    17 juin 2012, 17h42m



    Lettré intarissable, amoureux des arts divers, Mikael Akerfeldt nomme son second groupe d’après Opet, la ville fictive de la lune, du roman de Wilbur Smith, Sunbird. Il débute en son sein dès 1990 en tant que bassiste, avec son camarade chanteur et guitariste David Isberg. Deux années plus tard, ce dernier quitte Opeth et laisse vacantes les places de vocaliste et guitariste. Akerfeldt décide d’assumer les deux. Entouré du talentueux Peter Lindgren, guitariste, de l’essentiel Johan DeFarfalla, bassiste, et du percutant Anders Nordin, batteur et pianiste, il compose Orchid, dont la naissance physique a lieu le 15 mai 1995. Soit cinq ans après la naissance du groupe, ce qui est loin d’être anodin lorsque retentissent les premières notes du morceau d’ouverture, « In The Mist She Was Standing ».

    Ce vacarme mesuré est d’une maturité rare dans le cadre d’un premier album, ce qui n’est pas réellement étonnant puisqu’il s’agit là du fruit d’une longue réflexion puis d’une non-moins longue élaboration entre musiciens patients. D’ailleurs, Orchid est très souvent cité parmi les meilleurs albums d’Opeth, ce que je me permettrai par la suite de contester. En outre, il reste difficile de comparer ce premier effort à un Blackwater Park, encore moins à un Heritage. Tout en demeurant relativement iconoclaste, l’œuvre s’inscrit assez docilement dans son époque : si Orchid est avant tout un témoignage poignant et original de death metal à tendance folk et progressive, une atmosphère gothique propre à cette période (1990-1994) prédomine dans les phases que l’on qualifiera de « claires ». Dans la production, l’arrangement des pistes de voix, la basse, les guitares acoustiques, le piano, Opeth s’allie aux sonorités des Dead Can Dance (période Aion), ou des Cranes (période Wings Of Joy).

    Ces considérations réelles et finalement assez subtiles ne choqueront pas le néophyte. D’ailleurs parlons-en, du néophyte. Est-ce qu’Orchid, de par son statut d’album introductif, constitue l’ouverture idéale au monde musical d’Opeth ? Surtout pas. D’abord parce qu’il ne s’agit pas du meilleur album du groupe, ni celui qui définit au mieux sa quintessence stylistique. Tout ceci est encore quelque peu chétif dans la violence. Les expérimentations ne touchent pas toujours leur but, surtout en ce qui concerne les alternances entre phases agressives et phases d’accalmie. Pardonnez l’expression clichesque (maintenant, pardonnez le néologisme), mais certaines tombent parfois comme un cheveu sur la soupe. Le principal défaut, vous l’aurez compris, réside dans le manque de cohérence de l’œuvre dans sa généralité. Quand, de surcroît, la production elle-même, trop confinée, trop isolée, phagocyte l’appréhension atmosphérique de certains passages de l’album, alors il n’apparaît pas exagéré de réfuter les théories (et elles sont nombreuses) selon lesquelles Orchid serait le meilleur album d’Opeth.

    Nul besoin cependant de tomber dans le manichéisme de bas-étage. Il faut noter la maestria d’Akerfeldt, dans sa capacité à créer des constructions instrumentales à base de progressions épiques et de puissance assourdissante, mais aussi dans sa propension à proposer des thèmes déjà captivants (seconde moitié d’ « Under the Weeping Moon » par exemple). Quelques bons moments sont à déceler, mais le meilleur est à venir car non, Orchid n’est pas le chef d’œuvre vanté par les hordes fanatiques.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore






    Opeth - Orchid
  • Marilyn Manson - Born Villain - 2012

    30 mai 2012, 9h08m



    Grand perdant de la fin des années 2000, Marilyn Manson, incapable de concilier ses penchants pour les tubes goth décadents et son besoin de rester sur le devant de la scène, est vite passé du statut d'icône qui faisait trembler l'Amérique à d’un souvenir adolescent pour bac à disque d'occasion. Le grand-grand public flippe de l'Antéchrist superstar qui sommeille en lui et les heavy metal kids ne sont pas prêt de lui pardonner "Love Game", son duo avec Lady Gaga, sonnant comme la rencontre entre deux types de fond de teint. Reste quelques gogos au milieu pour qui 80€ et une heure de mièvrerie ne fait pas peur tant que le rappel compte "Sweat Dreams" et "The Dope Show" au rang des classiques interprétés. C'est à ceux là que le Révérend plus vraiment bizarre cherche à refourguer Born Vilain, son nouveau bébé.

    Alors que Eat Me Drink Me, publié il y a 5 ans offrait de bien belles surprises à la grâce de quelques singles bien sentis et d’un arrière goût de poussière qui donnait soif de plus, Born Villain lui se révèle... Non. En fait il ne se révèle pas, à l’instar de The High End Of Low (2009). Surproduit, dénué d'âme et de malice, le 9eme opus du Révérend passe sans trace laisser. On nous fera bien l’affiche, avec le retour de Twiggy Ramirez, les 1h10 de musique (à mon sens ce n’est que très rarement un argument recevable), Johnny Depp en guest guitare sur la reprise du « You’re So Vain » de Carly Simon etc… mais rien n’y fait, l’album n’a pas d’âme.
    Pourtant, sur l'introduction de "Hey Cruel Word" on a bien cru que l'Antéchrist s'essayait sur le "I Feel Love" de la récemment défunte Donna Summer. Une idée louable, puisque c'est finalement lorsqu'il se risque à la reprise que Manson est le plus altruiste. Résultat, seul Chris Vrenna semble vouloir faire les choses correctement tandis que les autres lascars se vautrent dans une idée édulcorée de l'indus qu'ils ont toujours prôné avec plus ou moins de réussite. Rien ne reste, rien ne se retient, pas même le riff métallique de "Murderers Are Getting Prettier Every Day" ou le prêchiprêcha de "The Gardener" titre sur lequel Brian Warner rêve d'être Jaz Coleman, en vain...
    Si, soyons honnête, Les deux mid tempo de fin d'opus ("Born Villain" porté par un thème entêtant et "Breaking The Same Old Ground" au refrain déchirant font office de salut dans ce tiède ensemble.

    Fait de guitares sous mixées, de patterns éculés et de refrains mollassons, l'opus ne présente que peu d'intérêt. Ma gentillesse naturelle me pousserait à écrire qu'il aurait dû sortir en 1998 mais mon honnêteté corrigerait, certifiant que même à cette époque un tel objet n'aurait eu aucun intérêt et de nos jours le nombre de publications passionnantes est telle qu’il paraît impensable de perdre son temps avec pareil musique. Et Killing Joke vient de sortir un nouvel album, qu'est ce que vous faite encore ici à lire ces lignes, bandes d’incultes?!

    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore




    Marilyn Manson - Born Villain
  • Unsane - Wreck - 2012

    19 mai 2012, 15h02m




    Fondé en 1988, définitivement New Yorkais (Chris Spencer, chanteur/guitariste du combo n'a jamais quitté sa casquette des Yankees), Unsane transpire le rock et suinte la noise. Pas certain que le trop utilisé poncif "culte" soit dans ce cas suffisant pour introniser l'un des trios les plus influents de la scène américaine. Reste que le groupe est rare (7 opus en 20 ans), a déjà splitté une fois pour mieux revenir et n'a pour ainsi dire jamais déçu. Alors pourquoi avoir attendu la publication de Wrech pour parler du combo du Lower East Side? Je n'ai pas la réponse mais mieux vaut tard que jamais.

    Imaginez ce qu'ont du ressentir ces trois lascars, lorsque Jello Biafra leur a proposé de publier leur nouvel opus sur son label, Alternative Tentacles? Le fan de punk hardcore qui sommeille (à peine) en eux a du bondir! Voilà probablement pourquoi Unsane termine Wreck sur "Ha Ha Ha", une reprise de Flipper, légendaire combo du cathalogue de cet étrange label. Histoire de boucler la boucle? Probablement. En attendant, le groupe fait honneur à la confiance que leur accorde le frontman des Dead Kennedys et propose un disque solide, dans la droite lignée de leurs productions précédentes. Perpétuellement plongé dans les bas-fonds du rock crasse, porté par la basse distordue de Dave Curran, le son d'Unsane doit évidement beaucoup à la Telecaster au manche tordu de Chris Spencer, garante d'une signature sonore inimitable. Enregistré à Brooklyn, aux Translator Studios (Shrinebuilder, Keelhaul), Wreck sonne comme du Unsane pur jus, comme l’on était en droit de s’y attendre.
    De "Rat" à "Roach", pas de fausses notes (en tout cas pas une qui dérange) et le trio se permet même de tartiner "No Chance" à l'harmonica et probablement d'enregistrer avec ce titre l'un des meilleurs blues rampant et poisseux des dix dernières années. Il n'y a finalement que le dispensable mais pas insurmontable "Struck" pour ternir ce bien joli tableau. Alors que le trio avait splitté, harassé de fatigue en 2001 et était revenu en force avec Blood Run (Relapse/2005) et surtout Visqueen (Ipecac/2007), ce nouvel opus, sans grande surprise, rappelle que l'œuvre d'Unsane est indispensable, dans sa totalité concernant les 7 opus studio jusqu'ici produits.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore


    Unsane - Wreck

  • Aqme - Epithete, Dominion, Epitaphe - 2012

    19 mai 2012, 14h54m




    Le neo metal est mort. Comme souvent, ce n'est même pas par lassitude, ou parce que la scène tourne en rond, mais simplement parce que le public à grandi. Plutôt que de me ranger sagement derrière les puristes qui ont de tout temps craché sur le genre, je préfère rappeler à quel point il a été, pour toute une génération, une porte d'entrée vers des choses plus sérieuses. Bien sur quelques groupes ont survécu et font encore recette : KoRn diminue simplement la taille de ses salles à mesure de ses passages en Europe et Limp Bizkit garde les grandes arènes mais opte pour un taux de remplissage ne passant rarement la moitié de la capacité. Côté Français la plupart des zicos ont quitté le navire, certains tentant de renouveler leur intermittence via le stoner/pop (citez ici tous les groupes auxquels vous pensez tous). Reste les ovnis qui fricotaient avec l'étiquette tout en faisant leur (Siracha) sauce semblent résister et continuer leur chemin : Black Bomb A, qui jamais ne semble mourir ou Lofofora dont on est convaincu de l'immortalité et de la profondeur de sa musique. Quid du cas AqME ? Le combo s’est désolidarisé de la scène dès 2004 et a fait fortune diverse, depuis le très solide La Fin des Temps en 2005. Le depart de son guitariste historique en 2008, suivant la publication du peu inspiré Hérésie puis l’espoir en 2009, avec de Julien Hekking (transfuge de Lazy) et la publication d’En l'Honneur de Jupiter, opus qui se renouvelait un peu et faisait sauter la ligne de vie sur le moniteur.

    Loin de se laisser débrancher, AqME repars en suède mais délaisse Bergstrand pour enregistrer avec Magnus Lindberg (Cult Of Luna), plus à même de leur donner une profondeur sonore hors norme. Car la noirceur est de mise sur Épithète, Dominion, Épitaphe, sixième opus qui renouvelle totalement le propos du quartet, après 13 ans d'existence. Il est bien sur question de metal, plus lourd que jamais, et de lorgner vers les plaines lugubres du post rock. J'oserais même parler de Neurosis alors qu'il semble nécessaire de chercher quelques références. Un Neurosis en Français porté par des paroles en français et hurlé comme jamais par Thomas Thirrion, qui se sait enregistrer son chant du cygne (le chanteur à annoncé son départ sitôt l'opus enregistré afin de se concentrer à sa passion naissante: le tatouage). "Idiologie" qui ouvre l'opus est de loin le meilleur titre du combo et la suite est du même acabit. "Quel Que Soit Le Prométhéen", "Luxe Assassin" s'imposant comme les plus solides morceaux de ce brûlot. Il n'y a guère que quelques chants clairs ("épithète...", "trop Tard VS Trop Tard") et quelques titres moins inspirés ("My English Is Pretty Bad" avec Stéphane Buriez et le brailleur de Darkness Dynamite) pour faire râler les plus difficiles. Reste qu’AqME vient de sortir son album le plus mature et le plus abouti, simplement. Bien trop tard? C'est vous qui en déciderez!

    Le combo arpente donc les routes française avec leur nouveau chanteur Vincent Peignart-Mancini, comme un signe que l'entité est plus forte que les personnalités.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore





    Aqme - Epithète, dominion, épitaphe
  • Storm Corrosion - Storm Corrosion - 2012

    2 mai 2012, 15h17m




    Review by Religionnaire


    Le Religionnaire a déjà disserté longuement sur la notion d'introduction à rallonge, dont la légitimité reste bien entendu fonction de ce qui suit, mais rares sont les artistes à ne rien avoir fait suivre. Il s'agit incontestablement d'une preuve d'audace, la seule en l'occurrence qui émerge de cette collaboration alléchante. Wilson et Åkerfeldt nous promettent que ceci ne constitue qu'une "face d'un triangle musical", mais rien ne nous garantit que les deux autres sauront rassasier le rockologue frustré, à moins que le duo n'envisage de proposer une opération de collage musical inédite en offrant la suite de chacune de ces introductions sur les œuvres ultérieures… En attendant, la tournure que prend la carrière de Steven Wilson persiste à inquiéter le Religionnaire, même si sa posture défensive ("Do not make music or art to please other people") laisse désormais transparaitre un léger malaise qui pourrait éventuellement précéder une réelle remise en question face à son déclin artistique. Plutôt que d'entrainer ce pauvre Åkerfeldt dans sa chute, même si celui n'en a pas réellement besoin pour régresser de son coté, il devrait se cantonner au remixages des albums légendaires jusqu'à regagner une inspiration suffisante, pour ne pas dire satisfaisante.

    L'absence de préparation particulière et de réflexion préalable est mise en avant, en guise de justification d'une indulgence que les deux protagonistes aimeraient voir glisser de l'artiste vers la critique. En revanche, il n'est plus question de se laisser attendrir lorsque Wilson affirme avec aplomb n'avoir jamais rien entendu de tel et que cette musique sonne comme celle d'aucun autre groupe. Il suffira au mélomane de faire appel à sa mémoire ou de ressortir ses vieux albums d'Opeth ou de Porcupine Tree, d'en écouter les introductions, interludes et conclusions, pour constater que tout a déjà été entendu. Cette œuvre, certes intrigante au premier abord, représente la preuve indiscutable, contrairement à ce que prétend Wilson, qu'une totale liberté artistique ne garantit pas de dépasser ses limites vers un nouvel univers musical. A coté, Åkerfeldt semble moins déconnecté de la réalité en affirmant "If you're doing other shit as you listen to it, it's going to pass by like elevator muzak", car il s'agit bien en fin de compte de musique d'ambiance, rien de plus. Selon le Religionnaire, il n'est pas très opportun de se glorifier d'être à l'extrême opposé des attentes de son public, notamment si cet extrême opposé représente une sorte de néant.

    Le Religionnaire se voit donc contraint de décerner au duo le prix Lulu 2012, et ose espérer que l'ajout des deux autres faces n'aboutira pas à un triangle équilatéral.


    ---------------------------------------------------------------------------------------------


    Review by Doc Savage

    Premier extrait médiatique, premier clip et première chanson de l’album, « Drag Ropes » annonçait la couleur. Gris. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que tout ceci se terminerait inévitablement en déception. Les attentes étaient énormes, la chute n’en est que plus amère. Collaboration messianique des deux têtes d’affiche du rock/metal progressif actuel, Mikael Akerfeldt (Opeth) et Steven Wilson (Porcupine Tree), Storm Corrosion se voulait être le supergroupe non-assumé de cette année 2012, celui qui ferait trembler les fondations désormais quasi intangibles du progressisme. Nous voilà bien loin du compte.

    Au cours de leur promotion ante-parution du bébé difforme, le duo préparait le terrain, annonçant aux fidèles auditeurs que Storm Corrosion, l’album, constituerait une sorte d’ultime volet d’une trilogie entamée avec Heritage, puis Grace For Drowning. Les deux lurons n’ont pas précisé que les influences du premier auraient décampé. Il fallait s’y attendre : Storm Corrosion n’est pas un projet de Mikael Akerfeldt et Steven Wilson, c’est un projet de Steven Wilson avec Mikael Akerfeldt. Il suffit de considérer cet éponyme dans sa globalité : sur les six compositions, le vocaliste d’Opeth apparaît en tant que chanteur sur une seule d’entre elles (« Drag Ropes »). Wilson, lui, sur « Drag Ropes », « Hag », « Happy », « Ljudet Innan ». Mais ce n’est pas tout. Non seulement Akerfeldt ne chante jamais, mais en plus son influence dans la musique reste extrêmement limitée. Les soli à la guitare lui permettent de s’exprimer de temps en temps mais l’amateur d’Opeth sortira très certainement frustré de cette collaboration.

    Reste Wilson. Et si Grace For Drowning était son meilleur album depuis l’éternel Deadwing ? Entendre son auteur vanter les mérites de Storm Corrosion, « la suite légitime de GFD », appelait aux appréhensions les plus méfiantes. Ces appréhensions se sont avérées fondées. Effectivement, dans l’ambiance malsaine, les parties acoustiques et l’omniprésence latente du mellotron, cette cuvée 2012 a tout pour rappeler la précédente. Mais il manque quelque chose. Ou peut-être un élément est-il de trop ?

    Les mélomanes renseignés tilteront probablement à l’évocation du nom de Scott Walker. Bien après sa carrière d’amuseur en tant que crooner méché, ce dernier s’est illustré à partir de Tilt (1995), puis par la suite The Drift (2006), dans l’élaboration de mélopées aussi cinématographiques que dérangées ; ces compositions hors du commun lui valurent de se viander totalement en terme de ventes, mais à ventes insuffisantes, renommée grandissante… Avec le temps, Walker est devenu une institution, l’exemple à suivre en terme d’ambiances abominables et aliénées (pour les curieux : « Jolson & Jones », de The Drift par exemple). Wilson en est un infatigable adorateur, et pour la première fois depuis The Sky Moves Sideways, ses influences ne semblent pas digérées. L’anglais a voulu faire un album de Scott Walker, de la même manière qu’il avait fait un album de Pink Floyd en 1995. Malheureusement cette fois-ci, l’objectif était inatteignable.

    De Storm Corrosion ne se dégage pas de réelle névrose, les mélancolies ne sont pas aussi frappantes qu’elles l’étaient sur Grace For Drowning. Elles touchent leur cible sporadiquement, notamment lors de la première moitié du titre éponyme, mais ne parviennent pas à maintenir l’intérêt sur la durée. L’ensemble de l’album est beau mais ennuyeux. Jamais l’auditeur ne sera pris d’une envie d’écoute de « Happy » comme il avait pu l’être avec « Track One ». Pourtant les deux sont assez similaires. Mais la seconde a ce petit quelque chose en plus qui la distingue de l’ennui.

    Finalement, cet album éponyme pourrait être résumé en ces termes : Storm Corrosion est la parfaite bande-son d’un film inexistant. Alors, aimeriez-vous la Marche Impériale sans Star Wars ? L’Homme à l’Harmonica sans Il Etait une Fois dans l’Ouest ? My Heart Will Go On sans Titanic ?


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore




    Storm Corrosion - Storm Corrosion
    -
  • Delusion Squared - II - 2012

    1 mai 2012, 11h19m



    Il y a maintenant plus d'un an, le Religionnaire soulignait le talent incontestable de ce mystérieux trio, à l'instar de nombreux chroniqueurs envouté par ce rock franchement singulier que la misogynie masquée pousse à caractériser par son "chant féminin". Ce second effort, espéré deuxième, suscite une véritable ambivalence critique tant il paraît constituer le miroir de son prédécesseur, ce sur de nombreux points. La fable conceptuelle répond à la première comme la décadence d'un empire suit sa grandeur. Les thématiques religieuse, mystique et bien sûr apocalyptique gouvernent au sein d'un récit suffisamment nébuleux pour motiver nombre un nombre infini de métaphores historiques ou d'actualité. Le Religionnaire s'en tiendra modestement à celle de l'empire "prog" d'il y a quatre décennies, un mouvement dont le trio ne cache pas l'héritage comme en atteste notamment cette sombre fable disloquée. Musicalement, le style demeure difficile à caractériser avec finesse, ce qui constitue dans la grande majorité des cas un bon point. Le triple socle demeure, à la fois ancré dans la plate indulgence du néo-prog, dans la pollution atmosphérique du rock glauquo-planant ponctuellement appuyé, et enfin dans un soft rock contemporain que les phallocrates désignent sous l'appellation des "femmes à piano".

    Là où son prédécesseur commençait par troubler avant de s'essouffler, ce second volet n'est pas loin de décevoir avant de révéler des passages admirables. Une composante non négligeable du charme résidait auparavant dans une fraiche naïveté désormais atténuée par des velléités bien légitimes de "professionnalisation". L'ensemble apparait plus consistant, voire plus compact. Les quelques égarements et autres déclinaisons hasardeuses y semblent mieux contenus, tout comme les soli sont distribués avec une grande parcimonie, pour le plus grand plaisir religionnarien. Les mélodies, bien moins pittoresques, ne sauraient apostropher le mélomane par leur élémentarité mais l'accrocheront pour certaines par le groove associé, pour d'autres par la grâce avec laquelle le trio les fait résonner. La délicieuse vocaliste, volontiers décriée pour une polyvalence insuffisante selon les standards du prog nostalgique, ravit toujours le Religionnaire autant qu'elle pourra ravir les amateurs de la jeune Kate Bush. Elle semble par ailleurs mieux exploiter la singularité de son timbre que l'on dégustera entre autres sur le splendide "Veridical Paradox", sur le palpitant "Revelation" ainsi que sur le poignant "Naked Solipsism" que le Religionnaire considère comme le sommet de l'œuvre.

    Ainsi, Delusion Squared conserve les faveurs du Religionnaire autant qu'il conserve les louanges de la plupart des cercles internationaux du prog nostalgique. Le trio mériterait pourtant davantage, un davantage bientôt procuré par un troisième album que le Religionnaire espère déjà plus vif, plus complexe, plus musclé, plus acoustique mais tout aussi délicat et enchanteur que celui-ci.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore




    Delusion Squared - II -
  • BADBADNOTGOOD - BBNG2 - 2012

    26 avr. 2012, 7h51m




    Ne voyez pas en ces quelques chroniques d’albums issus de cet étonnant mois d’avril un ostentatoire étalage d’artistes tous plus inconnus les uns que les autres : si ces œuvres sont évoquées ici, c’est qu’elles en valent grandement la peine. Nul besoin de s’évertuer à fustiger d’illustres inconnus, surtout s’ils sont mauvais : pensez, la plus acrimonieuse des chroniques serait également la plus susceptible de susciter l’intérêt du lecteur envers l’objet incriminé, or il s’agirait là de l’inverse de l’effet recherché. Si l’on aborde une œuvre méconnue ou mésestimée ici, c’est pour l’encenser, expliquer pourquoi le lecteur, selon ses appétences musicales, devrait y poser son oreille délicate et la sortir des méandres vaporeux de l’anonymat. Foi de chroniqueur, BBNG2 (avril 2012) figure parmi ces trouvailles qui donnent envie d’écrire.

    BADBADNOTGOOD (BBNG) est un ramassis hétéroclite comme la musique électronique aime à choyer. Salmigondis ingénieux d’influences variées, BBNG tangue entre un jazz rigoureux, un hip-hop rabelaisien et une musique électronique autonome. La faute au piano omniprésent, le jazz est bien plus influent et remarquable au sein de ce second album frugalement intitulé BBNG2. Ces considérations de genres sont finalement futiles à l’écoute de l’album puisqu’il s’agit là d’un véritable OVNI, assimilable à aucun de ces genres, et tous à la fois. Voilà pour l’aspect général. Abordons le plus utile : la perception de l’auditeur à l’écoute.

    Le premier morceau (« Earl (Feat. Leland Whitty) ») laisse entrevoir une œuvre insalubre voire putride, emplie de paradoxes et de pensées malsaines ; les beats sont aussi glaciaux que les coups de couteau du plus froid des meurtriers, le saxophone plus faisandé que la carcasse d’un cheval noir. D’un coup d’un seul, BBNG démontre qu’il n’est pas nécessaire de s’appeler Electric Wizard et d’asséner son impureté démoniaque à coups de distorsions pour manifester une atmosphère rance et malsaine ; parfois, une contrebasse et un saxophone suffisent. Car à ce niveau, il ne s’agit plus de mélancolie. L’album entier est une ode à la haine, au mal-être, à la perversion, à la folie. Profondément pessimistes, les cinq musiciens du groupe abordent avec brio les plus délirantes et mauvaises des pensées de l’humanité. Ils ne sont pas les premiers, ils ne seront pas les derniers. Néanmoins la maîtrise de leur art semble ici à son paroxysme, tant d’un point de vue technique (Matthew A. Tavares, quel incroyable pianiste !) qu’esthétique. Rarement une œuvre n’aura été si singulière, si précise dans sa retranscription du mal.

    Toutes les pistes se valent dans l’excellence. Qu’on se le dise, le groupe BBNG est d’une intelligence diabolique et agence son deuxième album d’une manière tout à fait cohérente : les morceaux se suivent, ne se ressemblent pas mais façonnent une homogénéité digne des plus grandes œuvres de la musique électronique, du jazz et du hip-hop. Il n’est pas nécessaire d’être un amateur de ces trois genres que BBNG2 défend pour y adhérer, car il s’agit là d’un chef d’œuvre de la musique en général. A bon entendeur…


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore


    BADBADNOTGOOD - BBNG2
    - -
  • The Outskirts Of Infinity - Lord Of The Dark Skies - 1987

    25 avr. 2012, 8h25m





    On ne reviendra pas une nouvelle fois sur l’anthologie des enfants spirituels et techniques de Jimi Hendrix ayant parsemé l’histoire du rock de leur indéfectible zèle à l’hommage. Ils sont bien trop nombreux pour pouvoir être tous nommés ici et une simple visite approfondie de notre site apporterait bien plus qu’une rapide énumération. Ainsi, l’heure n’est pas à la réminiscence des disciples déjà sur-établis, mais plutôt à la réhabilitation - voire l’habilitation tout court – d’un des plus illustres successeurs à la gloire du Dieu de la six-cordes, le groupe The Outskirts Of Infinity.

    Pour au mieux comprendre l’impopularité euphémistique de cette obscure formation anglaise, il est nécessaire de la replacer dans son contexte : en 1987, le monde vibre aux tremblements hard punk des Guns N’Roses, U2 confirme son statut d’usine à tubes, quelques résistants siègent dans l’indépendance des Smiths, d’autres préparent peu à peu la fureur grunge comme les Mudhoney ou les Melvins. La vague hippie alors vieille de vingt ans n’intéresse plus personne. Même le psychédélisme garage des Cramps et des Fuzztones n’a plus grand intérêt. Dès lors, il apparaît logique qu’un anachronisme psychédélique tel que celui proposé par un brumeux groupe anglais ne déchaîne aucune passion. The Outskirts Of Infinity sort Lord Of The Dark Skies en 1987 dans l’indifférence générale. Encore aujourd’hui, le quatuor évolue dans un désintérêt absolu.

    Et quelle erreur, mes aïeux, quelle erreur ! Les attraits de l‘album sont multiples et variés ; ils sont les témoins malheureux d’une injustice comme les rockologues en connaissent des dizaines. Après Growers Of Mushroom, Spooky Two, Orang-Utan, Orexis Of Death, Tommorow Blue et de nombreux d’autres petits chefs-d’œuvre, Lord Of The Dark Skies est un album à déterrer immédiatement pour le bien de tout mélomane. Pourquoi ? Permettez une argumentation en trois points :

    - D’abord, pour le talent de Bari Watts, cet incroyable bretteur aux qualités tant guitaristiques que vocales ; ne nous leurrons pas, son travail le plus abouti est lié à sa douce six-cordes. Son chant rappelle directement Jimi Hendrix, mais son jeu aussi. Les soli sont incisifs et meurtriers, touchent leur cible à chaque tir de médiator. Bari Watts, aussi compositeur de la plupart des titres, apporte une fraîcheur régressive, réminiscence des plus épiques saillies de guitare des années 60/70.
    - Ensuite, pour ce caractère épique inhérent pas seulement aux folies de la six-cordes, mais aussi au caractère général de l’œuvre. Les compositions sont ciselées autour du schéma plutôt simple du couplet / refrain / couplet / refrain / solo / solo / solo / solo / solo / refrain (« Lord Of The Dark Skies »), schéma qui ravira l’amateur de folies psychédéliques des années 60. Il semble important de rappeler une nouvelle fois l’anachronisme sidérant de l’œuvre : cette dernière est parue la même année que le Hysteria de Def Leppard !
    - Enfin, pour l’excellent instrumental « Reaching Upwards », saisissant de la première à la dernière seconde. Il légitime à lui seul les nombreuses heures que le lecteur curieux passera à chercher quelconque trace de ce groupe sur la toile, voire chez les très, très bons disquaires.

    En arrivant au terme de ce papier, ce même lecteur aura forcément compris qu’il s’agit là d’un album pour amoureux de joies guitaristiques joliment saturéés. Pour celui-ci, Lord Of The Dark Skies est un essentiel.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore





    The Outskirts Of Infinity - Lord of the Dark Skies -
  • Sébastien Tellier - My God Is Blue - 2012

    25 avr. 2012, 8h16m



    Il semblerait que cette année 2012 soit faste là où peu l’attendent. Il y eut déjà Stubb (6 février 2012), ce méconnu trio anglais maniant stoner et hard rock seventies avec une maîtrise rare. Il y eut aussi la sympathique révélation Twin Arrows (6 avril 2012), témoignage d’un rock somme toute classique mais revigorant, devenus depuis les nouveaux chouchous d’un certain Philippe Manœuvre. Plus récemment, dans le rayon « surprises », il y eut enfin et surtout le deuxième album du compositeur allemand Thomas Bücker, alias Bersarin Quartett (20 avril 2012), une immense claque prochainement décortiquée entre nos pages. Cela établi, en ces jours météorologiquement instables, l’étonnement ensoleillé est français et se nomme Sébastien Tellier. Boute-en-train pince-sans-rire et musicien iconoclaste, Sébastien Tellier aurait pu finir sa carrière médiatique comme nimporte laquelle de ces rigolades de la ridicule cérémonie de l’Eurovision à laquelle il participa en 2008. Mais, à l’inverse de nombre de ses camarades français ayant joué pour l’Europe entière, sa carrière ne s’est pas achevée avec ce concours ; il s’agissait plutôt d’une fantaisie : pour un artiste adulant les ringardises les plus kitsch, il n’est de meilleur endroit où poser sa folie que les sols de la disco/dance européenne. C’est avec cette même espièglerie qu’il avait séduit un public plutôt restreint en tant que compositeur de la bande originale déjantée de Steak (2007), le nanard absurde pas si mauvais pour qui avait su faire preuve d’une dérision saugrenue. L’art original, Tellier considère ses albums comme de nouvelles expériences, l’occasion, dans un élan quasi-schizophrénique, d’associer à chacun d’eux une de ses nouvelles personnalités. Sexuality (2008) le plaçait en tant que prédicateur sexuel sous les auspices d’une musique électronique déjà très kitsch mais plutôt réussie. Quatre ans plus tard, pas plus mature pour un sou, le barbu évangélique revient avec un personnage d’ordre carrément raëlien, gourou des sens et du sexe. La pochette de My God Is Blue (23 avril 2012) ne trompera personne : il s’agit ici de se plier à l’apologie de la démesure, du mégalomaniaque, voire du grand n’importe quoi à prendre au sixième degré.

    L’historien du rock au fait des musiques actuelles aura probablement remarqué une récente recrudescence des influences progressives chez certaines têtes d’affiche de la musique électronique française. Hier Justice appelait aux réminiscences de Yes avec son très rétro Audio, Video, Disco ; aujourd’hui Sébastien Tellier ne rappelle pas seulement Yes, il joue de toute l’imagerie progressive. En apparaissant maître mégalomane, concepteur de concepts et amateur de kitsch aux relents d’Hammond ’72, il se joue du rock progressif tout en en faisant assez subtilement son fond de commerce. La pochette à la gloriole superbe en atteste d’avance : l’œuvre sera excessive. Et s’il est une personne en France à pouvoir se permettre d’être déraisonnable, c’est bien Sébastien Tellier. C’est une certitude : l’album serait mauvais que, sous couvert de ringardise voulue et de second degré omniprésent, tout le monde crierait quand même au génie. Il s’agit d’ailleurs peut-être de sa plus grande réussite : celle de ne pas être un génie mais de parvenir à se faire passer pour l'un d'eux à coups d’absurdités et de non-sens malicieux.

    « Coiffeur pour lui, pour elle. C’est quoi cette histoire de coiffeur ? C’est n’importe quoi. Oui, mais c’est beau » (« Against The Law »)

    Oui, parfois, c’est vraiment n’importe quoi. Comme le début de ce « Yes, It’s Possible » aux esprits transylvaniens qui sortent de nulle part. Comme le solo de guitare improbable de « Draw Your World ». Comme le « Pépito Bleu » à la fois gainsbourien et inspiré du pire des choeurs d’ERA. Pourtant, dans cet album à considérer comme un ensemble, les moments de grâce sont nombreux, une grâce paradoxale car l’auditeur se sent parfois tiraillé entre l’envie d’éclater de rire et celle de contempler toute la beauté de l’œuvre. Réelle, tantôt orchestrale, tantôt funky, cette beauté unique, aux confins occultes d’une planète bleue où il fait bon vivre, distille ses joies tout au long de ces quarante cinq minutes parfois inégales mais toujours empreintes d’une bonne volonté et d’une audace salutaire. Il faut remercier Sébastien Tellier pour ses ambitions démesurées, car cet album est à la hauteur de ses prétentions. Meilleur, dans son genre déluré, que le dernier Justice, il satisfera l’amateur de musiques électroniques différentes, à la fois désuet et complètement dans l’ère du temps. Espérons qu’il ne faudra pas quatre ans de plus pour découvrir le prochain personnage du barbu aux lunettes noires.


    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore





    Sébastien Tellier - My God is Blue -
  • Bersarin Quartett - II - 2012

    25 avr. 2012, 8h09m



    Ne vous fiez pas au nom : Bersarin Quartett est en réalité l’œuvre d’un seul homme. A son sujet, très peu d’informations circulent sur les sphères pourtant renseignées de la musique électronique. Il y a deux ans, Thomas Bücker sortait un premier album éponyme magnifique, récompensé d’innombrables louanges d’une presse dithyrambique. Bersarin Quartett (2010) soulignait une maîtrise rare dans l’art de la musique électronique orchestrale et intimiste. Son successeur, paru le 20 avril 2012, sobrement intitulé II, poursuit cette direction si bien ardente qu’abyssale au détour de treize compositions dotées d’une incroyable aura de sérénité.

    Le plus complet des dictionnaires des synonymes ne contiendrait probablement pas d’expression assez forte pour souligner l’état dans lequel se trouve l’esprit de l’auditeur à l’écoute de cette œuvre, aussitôt chef-d’œuvre. Cet album fait partie de ces peintures auditives qu’il est bon de contempler allongé, les sens reposés, la vaticination éveillée. On se met à rêver d’un futur utopique, où une nature ensoleillée prendrait pouvoir sur la maltraitance humaine, où joies et peines se réuniraient autour d’un faisceau luminescent d’implosion cathartique, où les chimères d’un monde idéal pourraient déambuler à leur gré entre les contraintes liberticides du réalisme…

    L’art dépeint par Bersarin Quartett dépasse de loin l’entendement des œuvres électroniques habituelles, elle explose ses codes d’une magnificence à la fois subtile, directe, délicate. Le mot peut paraître usité pour tout et rien, mais il convient ici parfaitement : cet album est beau. Beau de par son aspect lumineux, de par sa singularité fictionnelle, de par les émotions vives et sincères qu’il dégage, ce II est l’œuvre d’un philanthrope aguerri. Thomas Bücker est une de ces personnes à si bien comprendre l’âme humaine qu’elle se permet de jouer avec celle des autres au travers de son art. Encore plus que musical, le talent du garçon est humain. Pour toucher l’âme d’autrui à ce point, il faut être un monstre de sensibilité.

    Sans trop s’avancer, la qualité universelle de l’album devrait se révéler immédiatement à l’oreille de n’importe quel auditeur, quelque soit son habituel horizon musical. Casque sur les oreilles, chaîne hi-fi au volume maximum, faites écouter un chef d’œuvre tel que « Im Lichte des Anderen » (ou « Keine Angst », ou « Zum Greifen nah », ou…) à votre mère, à votre père, à vos grands-parents, à votre patron, à vos amis, à votre femme, votre mari, à vos enfants, que sais-je encore, à votre chien. Ils seront tous pris d’une incroyable émotion. Pourtant, l’analyse approfondie des influences de l’album laisse entrevoir que ces dernières n’appelaient aucunement à un tel œcuménisme : aux confins du post-rock, de l’IDM, de la musique orchestrale, de la Berlin School et de l’ambient, tous les ingrédients de ce II ne semblaient pas viser la beauté universelle. Et pourtant, foi de Doc, qui que vous soyez, cher lecteur, cher lectrice, vous serez profondément touché, voire bouleversé, par au moins cinq de ces odes à l’âme. Encore faut-il que vous daignez suivre ce conseil. Non, oubliez. Il ne s’agit pas d’un conseil. C'est un ordre. Ecoutez Bersarin Quartett.

    Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore



    Bersarin Quartett - II -