Contexte

Ce groupe est un peu l’histoire d’un seul homme : J.D. Wilkes. Ce dernier a enregistré tout seul son premier album, Hunkerdown, en 1998, sous le nom Those Legendary Shack Shakers. Et c’est en 2000 que le gaillard s’adjoint les services de Joe Buck pour réaliser Cockadoodledon’t. Those Legendary devient alors Th’Legendary Shack Shakers. Notons que J.D. Wilkes a enregistré l’harmonica, le banjo, le piano et la voix, tandis que Joe Buck s’est occupé de la guitare, de la contrebasse, de la batterie, de l’accordéon et de la mandoline. Doués les gars, hein ?

Chronique

Ayant grandement apprécié l’ingéniosité et la folie de Pandelirium, le quatrième opus du groupe, j’ai souhaité découvrir les précédentes productions des Shack Shakers. Et, après avoir pris possession du mélancolique mais très bon Believe, le troisième effort des Ricains, je m’attarde donc sur Cockadoodledon’t, la deuxième production de monsieur Wilkes.

Comme à son habitude, J.D. Wilkes a concocté pour cet album une pochette assez originale. Elle plaira ou non. Mais personnellement, j’apprécie le côté vieille affiche publicitaire (ou politique) de cet artwork en deux tons, rouge fatigué et noir, sur un papier jauni par le temps. Le coq à deux têtes frappant sur le sol à l’aide d’un marteau paraît par contre plus… étrange.

Question musique, le groupe ne semble pas avoir encore découvert la musique folklorique des Balkans, musique ayant pourtant fortement influencée les Shack Shakers par la suite. Cet album (au nom imprononçable je vous l’accorde) regorge par contre d’éléments propres à la country. TLSS paraît en effet plus inspiré par la musique de papy Johnny Cash que par celle du cousin Sid Vicious et celle de tonton Emir Kusturica sur ce Cockadoodledon’t. Une des raisons à cela est l’harmonica, beaucoup plus présent et, surtout, davantage mis en avant par rapport aux productions suivantes.

Mais, si on se ballade gentiment sur cette galette entre country et psychobilly, en passant pas quelques passages ska ou jazzy, le groupe semble tout de même déjà bien barré. Le déjanté frontman alterne entre cris stridents, rire démoniaque et chant posé et profond venu d’outre-tombe. On passe de mélodies calmes des rythmes country (« Pinetree Boogie », « Clodhopper »), à un défoulement punkoïde endiablé lors desquels tous les instruments s’entremêlent frénétiquement (« Bullfrog Blues », « Shake Your Hips »). Tantôt le groupe part à fond sur un rythme ska (« Help Me From My Brain »), tantôt il attaque avec une intro rockab’ plus tranquille (« Hunkerdown », « Blood On The Bluegrass »)…
Mais les Shack Shakers surprennent toujours : avec des hurlements dignes de films d’horreurs, un solo inattendu et d’autant plus efficace, une incartade aux cuivres jazzy ou encore avec un break au chant a capella sympathique. TLSS s’autorise même à frôler le hardcore au milieu d’un morceau guimbarde / contrebasse / accordéon. Titre sur lequel on entend par ailleurs un coq faire ses « vocalises » ! La bande à J.D. Wilkes reprend aussi, en moins rapide, un rythme rappelant les musiques de cirque sur « Devil’s Night Auction ». Morceau dont le son rappelle celui d’une vieille radio.

Enfin, en fin de galette, le larron reprend à son compte « Shake Your Hips », chanson écrite à l’origine par Slim Harpo, l’un des plus grands joueurs d’harmonica. Ce titre reprend des éléments du rockabilly, du blues et du jazz, avec des passages calmes, où Monsieur Wilkes chuchote presque, et des instants plus furieux, où tout s’emballe. L’opus se termine par un morceau tendant plus vers le psycho, avec un rythme effréné et une contrebasse claquante bien mise en avant.

On ressent déjà sur ce deuxième album les influences diverses et variées de Th’Legendary Shack Shakers ; la country peut-être en tête, mais aussi le rockabilly, le psycho, le jazz, le punk, le ska… Personnellement, je regrette de n’avoir pas retrouvé les rythmes et mélodies des musiques de l’Est, qui s’intègrent si bien à l’ensemble sur les efforts suivants. Cependant, cet ovni musical est impressionnant, déroutant même, grâce à ces multiples facettes et son originalité.

Modification faite par pee-why le 3 jui. 2008, 13h49m

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