Biographie

Monolithe est un groupe de doom metal français, crée en 2001 par Sylvain Bégot, également membre de la formation Upon The Deep et ex-membre du groupe Anthemon. Il se distingue par l’iconoclasme de son concept (une saga dispatchée sur plusieurs albums, des disques constitués d’un unique et très long titre), de par la flexibilité de son line-up et de par son approche hors norme du style de musique qu’il pratique (avec notamment l’éradication d’un certain nombre de clichés inhérents au doom metal). La discographie de Monolithe est pour le moment constituée des albums Monolithe I (2003), Monolithe II (2005) et du mini-album Interlude Premier (2007). Le prochain album, Monolithe III a d’abord été annoncé pour mars 2008 avant d’être repoussé à une date inconnue.

Génèse

Monolithe, contrairement à ce que peuvent laisser croire les notes à l’intérieur des livrets des albums ou la communication de la formation, n’est pas à proprement parler un groupe au sens traditionnel du terme mais plutôt le projet d’un unique membre s’entourant de musiciens pour la réalisation de ses disques. Monolithe est donc avant tout un projet mené par son créateur Sylvain Bégot. La section Diary/FAQ de l’ancien site officiel résumait d’ailleurs laconiquement la situation : 1. What is Monolithe ? Monolithe is a doom-metal band. It’s actually a solo project with guest musicians.

Un extrait d’une interview accordée au webzine Violent Solution résume la genèse de Monolithe : J’avais un certain nombre de parties musicales assez courtes, très orientées Doom, que je ne comptais pas vraiment utiliser pour Anthemon car d’une part ça ne rentrait pas trop dans son cadre artistique et d’autre part parce que je ne pense pas que tout le monde dans le groupe soit vraiment réceptif à ce type de musique. J’ai assemblé tous ces éléments en un seul, ce qui a donné quelque chose comme les 15-20 premières minutes de Monolithe (il s’agit de Monolithe I). J’étais très satisfait du résultat et c’est de là que m’est venu l’envie de continuer à travailler sur ce projet de manière plus  » sérieuse  » parce que je sentais que je pouvais aller plus loin et qu’en quelque sorte le morceau que j’avais obtenu de la sorte n’étais pas achevé. J’ai donc continué le processus de composition tout en élaborant parallèlement ce que serait le concept de Monolithe, aussi bien au niveau de la musique, du type d’artwork, des textes, etc. Le choix du nom du projet s’est imposé à moi sans que j’y réfléchisse beaucoup en fait.

La biographie officielle insiste également sur les liens entre le groupe Monolithe et le film de Stanley Kubrick- 2001, l’odyssée de l’espace. La création du projet en 2001 et l’inspiration du monolithe noir du film de Kubrick pour le nom du groupe et l’élaboration du concept de Monolithe, laisse penser que la recherche d’une grande cohérence de tous les aspects de la musique, des textes et de l’imagerie du groupe a été une priorité dès la genèse afin d’obtenir une très forte identité artistique.

Biographie


La biographie officielle et diverses interviews nous renseignent sur le parcours de Monolithe:

* 2001 : création du projet
* 2002 : signature avec le label Appease Me… (?) (label des membres de BLUT AUS NORD)
* 2003 : sortie du premier album « Monolithe I »
* 2004 : signature avec Candlelight Records suite à un rapprochement entre ces derniers et Appease Me…
* 2005 : sortie du second album « Monolithe II »
* 2007 : sortie du mini-album « Interlude Premier » (offert gratuitement via le site internet du groupe) et départ de Candlelight Records suite à des problèmes avec le label (révélés dans une interview donnée au webzine Tchèque Necrosphere).
* 2008 : sortie du troisième album « Monolithe III » (annoncé en mars sur Appease Me…puis repoussé)

D’un album à l’autre, il y a différents musiciens (voir formation). Monolithe III, est selon le site officiel en cours d’écriture et sortira en 2008. La pochette y a également été rendue publique.

Formation

Une particularité de Monolithe est de ne pas posséder de line-up fixe, à l’exeption de son mentor Sylvain Bégot. Dans une interview datée d’octobre 2003, ce dernier explique ce choix : Les musiciens qui m’épaulent sont des membres de session. Ils jouent ce que je leur donne à faire, à l’exception de Marc Canlers qui a écrit seul ses lignes de basse pour « Monolithe I » selon quelques instructions. Les lignes de chant ont été mises au point par Richard Loudin et moi-même. Le line-up peut très bien évoluer dans le futur, ce sera d’ailleurs déjà un peu le cas sur M2 puisque j’ai eu confirmation de la participation de Kristofer Lorent il y a peu de temps. Il y aura sans doute aussi des gens qui viennent d’horizons musicaux qui n’ont aucun rapport avec les miens, ce qui sera une expérience enrichissante pour tout le monde. Je ne peux pas dire que mes « invités » m’inspirent d’un point de vue purement créatif, disons plutôt que je fais appel à eux parce que j’attends quelque chose d’eux en particulier ou parce que ce sont des amis avec qui je pensais partager une expérience musicale intéressante. Et pour donner une raison plus terre-à-terre, j’ai fais le choix de faire appel à d’autres personnes, notamment des guitaristes, pour déléguer une partie des sessions d’enregistrement à des musiciens de confiance, pour m’éviter une surcharge de travail.

Dans le livret de Monolithe II, Sylvain Bégot est crédité en tant qu’interprète se chargeant des guitars & devices, ce qui n’est pas sans rappeler Robert Fripp et son groupe King Crimson, également crédité de la sorte et dont le groupe est lui aussi à géométrie variable. Le terme device désigne probablement ici les programations (comme la batterie ou les claviers par exemple), la conception et l’ajout des samples, et divers « bidouillages » de studio.

Les musiciens ayant enregistré avec Monolithe sont les suivants :

* Sylvain Bégot (guitares et « devices » sur tous les disques, basse sur Interlude Premier). Également membre de Anthemon.
* Benoît Blin (guitares sur tous les disques, basse sur Interlude Premier). Membre de DEVIANZ.
* Marc Canlers (basse sur Monolithe I, mixeur des disques de Monolithe sortis à ce jour). Membre de Anthemon.
* Kristofer Lorent (basse sur Monolithe II). Ex-membre de YYRKOON, TRIDUS ELASTICUS et FATAL, et fondateur de BURGUL TORKHAIN.
* Nicolas Chevrollier (guitares sur Monolithe I). Ex-membre de THE OLD DEAD TREE.
* Richard Loudin (chant sur Monolithe I et Monolithe II). Membre de nombreuses formations, dont DESPOND, BRAN BARR et NYDVIND.
* Laurent Desvignes (chant sur Interlude Premier). Membre de AMPHITRYON.
* Emmanuel Mechling (accordéon sur Monolithe II). Ex-membre de DEVIANZ.

Le line-up de Monolithe III, contrairement à ce que le groupe a tout d’abord annoncé, ne sera pas entièrement renouvelé. Un communiqué de presse révèle les participations de Bégot, Blin, Loudin et Canlers, le seul nouveau membre étant Vindsval, leader de BLUT AUS NORD et fondateur du label de Monolithe, Appease Me…

Le concept et les textes

La section Diary/FAQ du site officiel donne, à la question What is Monolithe’s concept ?, la réponse suivante : Every album consists in one single long song. The name of the band and the concept are fitting together that way : one unique song, massive, slow and heavy, and a strong reference to Kubrick’s « 2001 - A Space Odyssey ». Monolithe tells a story dealing with the origin of mankind, developed on several volumes. Puis, à la question What do the lyrics mean ?, la réponse : Monolithe is dealing with the origin of mankind. « Monolithe I » is the foundation - the prologue - of the story and « Monolithe II » and the next albums will go further into this mystery.

Ainsi, en se basant sur ces sommaires explications et celles données dans divers interviews promotionnelles données à l’occasion des sorties de Monolithe I et Monolithe II, il peut être déduit que le concept derrière Monolithe touche aussi bien le fond que la forme : le mot « monolithe » évoque à la fois une grosse et lourde roche (hors, le Doom metal est une musique lente, lourde, et écrasante), un objet unique mais massif (les albums ne sont constitués que d’un unique et long titre), et décrit la nature même du projet (un one-man band, bien que le géniteur du groupe n’est pas l’unique interprète). Par ailleurs, la référence au monolithe noir de 2001, l’odyssée de l’espace et la volonté affichée de s’attaquer aux origines de l’humanité donnent également des indices quant à la signification des textes et du rapport au choix du nom Monolithe. On peut imaginer que l’histoire narrée dans les textes de Monolithe I, Monolithe II et « Interlude Premier » s’inspirent du film de Stanley Kubrick en partant du postulat que les monolithes sont des artefacts destinés à aider et guider l’homme dans sa progression vers l’intelligence, la civilisation, la maîtrise de l’outil et l’expansion dans l’espace.

Une interview donnée au webzine Metal Throne en 2004 confirme la teneur « science fiction-esque » du concept et des textes du groupe : When I wrote the lyrics for the debut, I tried to give enough clues for being understandable but without saying too much. It has to stay a bit mysterious and people should try to find an explanations that they consider as relevant. A bit like in the movie, « 2001 - a space odyssey ». But in short, I can tell you that the concept deals with the evolution of mankind, and the link to their origins is that when human beings will finally be able to know exactly where they come from, it may be a surprise for them. Mankind’s knowledge is not more than a point of view, the real truth still has to be found. But this concept is totally fictional. There’s nothing scientifically valid in what I write in the lyrics. It’s basically science-fiction.

Le groupe a mentionné à plusieurs reprises lors d’interviews que la fin de la saga narrée au fil des textes des différents disques du groupe marquerait également la fin de Monolithe. Selon une interview donnée au webzine « Ad Nihilum », l’œuvre complète sera constituée de 5 albums et 2 mini-albums (Interlude Premier et Interlude Second). Bien que le groupe n’ait pas donné de précisions explicites, il semblerait que seuls les mini-albums seront disponibles gratuitement en ligne puisque Monolithe III sortira chez Appease Me…

L’imagerie

Bien que Monolithe ne semble pas attacher beaucoup d’importance à sa communication visuelle en dehors de celle de ses albums (très peu de photographies, clichés retouchés pour que les visages ne soient pas visibles, site internet minimaliste), l’imagerie du groupe concernant sa musique marque fortement son identité et sa volonté iconoclaste affichée. Les pochettes d’albums diffèrent radicalement de celles utilisées pour ce genre de musique, dont l’iconographie respecte habituellement un certain nombre de codes inhérents au style. La pochette de Monolithe I montrant un monolithe noir au milieu du désert (sans doute une référence au film de Stanley Kubrick) ne renseigne en rien le public sur la nature de la musique jouée sur le disque, au même titre que celle de Monolithe II (la Terre entourée d’une sorte de nuage vert). Comme dans 2001, l’odyssée de l’espace, un saut dans le temps semble avoir été opéré entre ces deux albums, le premier faisant référence à l’aube de l’humanité, le second à son échappée de son berceau, la Terre. La pochette de Interlude Premier, elle, est constituée d’un monolithe gigantesque (dont l’apparence n’a rien à voir avec celle du film ou de la pochette du premier album) se dressant dans un ciel bleu. Le contraste entre cette pochette aux couleurs vives, presque « optimiste », et la nature très extrême de la musique du disque est très marqué. La pochette de Monolithe III semble marquer un retour dans l’espace (suite logique de celle de Monolithe II et non pas de Interlude Premier), avec un style encore plus dépouillé. On peut y voir un fond noir (l’espace ?), une lueur (une étoile ?) ainsi que logo du groupe, surmonté d’un « M » et d’un « III » dans le style du logo dont l’alignement forme une figure géométrique.

Il y a également une citation en français sur le livret de chacune des sorties du groupe :

* « Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde » (Lamartine) sur Monolithe I
* « Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes » (Bossuet) sur Monolithe II’
* « Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée » (Condorcet) sur Interlude Premier

Le groupe a mis en ligne en avril 2007 une vidéo promotionnelle « teaser » en prévision de la sortie de son nouvel album Monolithe III. Cette vidéo un peu psychédélique dont le sens n’est pas vraiment clair affiche le texte : « Did you ever wonder how it feels to dive into infinity ? ». Une seconde vidéo, du même type que la première, est rendue publique en octobre 2007. On peut y entendre quelques secondes de musique sans doute tirée de l’album Monolithe III.

La musique

La musique de Monolithe I et Monolithe II contient à la fois des éléments récurrents et d’autres qui distinguent ces deux albums l’un de l’autre. Il y a par exemple des tempos plutôt lents (avec de sensibles accélérations par moments), des guitares sous-accordées et des « growls », éléments typiques du Doom-Metal présents sur les deux albums. Les guitares jouent sur deux tableaux, à savoir le minimalisme (avec par exemple, des riffs constitués de quelques accords uniquement ou même d’un unique accord répété inlassablement) ou la richesse harmonique (certaines parties sont très arrangées, avec notamment une grande recherche harmonique et une solide gestion de l’espace sonore (aïgues, mediums et graves) et de l’espace stéréo (notamment par le biais des twins leads, c’est-à-dire deux guitares solo harmonisées placées respectivement à gauche et à droite du pannel stéréo). Les claviers ont un caractère assez ‘spacial’ sur les deux albums. Globalement la musique de Monolithe peut être décrite comme lourde, lente, atmosphérique et hypnotisante. Les albums, de par leur nature, s’écoutent d’une traite et demandent donc une disposition d’esprit adéquoite pour être appréciés. Une des caractéristique propres à Monolithe est d’inclure sans sa musique quelques parties en mode majeur, parti-pris extrêmement inhabituel pour le Doom-Metal, afin de donner par moment un sentiment d’optimisme dans une musique foncièrement sombre et négative.

Monolithe I et Monolithe II sont, malgré leurs similitudes, deux albums différents dans la forme et le fond. Alors que le premier dégage une atmosphère solennelle et mystique, quasi religieuse, le second est beaucoup plus « triste » et axé sur la beauté des mélodies. Monolithe II se distingue également de son prédécesseur de par l’utilisation d’un accordéon, de par une programmation de batterie plus « réaliste » (alors que le côté froid et mécanique d’une batterie programmée semble être totalement assumé sur I) et une basse plus présente et plus technique. Il y a la reprise d’un thème mélodique de Monolithe I sur Monolithe II mais uniquement le temps d’une courte mesure (en milieu d’album).

Interlude Premier, comme annoncé longtemps en avance par le groupe, se distingue des deux précédents disques de par sa nature plus extrême et plus radicale. Le titre « Monolithic Pillars » le composant est extrêmement noir, laissant la place à de nombreuses dissonances et expérimentations inhabituelles dans ce genre de musique (utilisation d’un vocoder, de samples et bruitages divers, on peut même distinguer de la cithare), et sa structure est particulièrement hachée, à l’inverse de la construction fluide des albums précédents. Il possède également une production plus brute, plus extrême. Cependant il contient toujours les éléments qui sont la marque du groupe, à savoir les « doubles soli », les nappes de claviers atmosphériques et des parties particulièrement mélodiques réalisées en mode majeur.

Les influences

Le style de musique que joue Monolithe est facilement identifiable. Bien que débarrassée de beaucoup de clichés propres au Doom-Metal (par exemple au niveau des pochettes d’albums, de l’approche textuelle, de la teneur de la musique…) la musique de la formation appartient clairement à ce sous genre de Metal extrême. On parle parfois de Funeral Doom, bien que Monolithe réfute en partie cette affiliation. Le groupe est souvent comparé à certains pionniers ou « géants » du style comme SKEPTICISM, le ANATHEMA des débuts, MY DYING BRIDE ou encore SHAPE OF DESPAIR. Bien que ces comparaisons soient en parties justifiées, les influences de Monolithe vont pourtant bien au delà du Doom-Metal. Celles-ci sont en partie révélées dans une interview de 2005 : Je ne pourrais pas détailler tout ce qu’écoutent les participants à « Monolithe II » alors je ne peux parler que pour moi-même. Je suis très éclectique en matière de goûts musicaux ; j’aime autant le Metal extrême que le Rock des années 1970, certains sous genres de Jazz, le Trip-hop, etc. Ce serait trop long de rentrer dans les détails. Je n’aime pas la musique formatée. Je me suis beaucoup éloigné de la scène Metal ces dernières années pour cette raison. Quant aux influences de Monolithe, je ne sais pas trop… Sans doute suis-je influencé par tout ce que j’écoute et par la scène Doom du début des années 1990, quand le style était en pleine ébullition artistique.

Modification faite par [utilisateur supprimé] le 8 sept. 2008, 18h35m

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