Biographie


« A dix ans, ma chambre était organisée comme une discothèque. Stroboscope, lumières d’ambiance, spots multicolores, boule à facettes, console de DJ, piste de danse. Lorsque j’allumais mes machines, des centaines d’étoiles blanches tournoyaient en un ballet cosmique sur les murs de ma chambre. La boule à facettes tournait chaque soir. Je n’avais qu’une envie : faire danser les gens. »


Laurent Garnier in Electrochoc de Laurent Garnier et David Brun-Lambert (Flammarion)



**************************





Depuis vingt-cinq ans, Laurent Garnier fait danser la planète. Ondulant derrière des platines, sautillant derrière ses machines, gigotant dans un studio radio. Artiste pluriel dont le champ d’influence et de résonnance est essentiel, Laurent Garnier est avant tout un DJ, un authentique DJ : ému par la musique, passionné par les foules en mouvement, les corps en transe, les esprits en évasion. Un chercheur de sons d’une immense culture qui gratte les bacs des disquaires, fouille les recoins d’Internet, écoute inlassablement toute la musique qu’il reçoit. La musique, cette pulsation du monde, son Graal.



DJ phare de la nuit électronique, Laurent Garnier a vécu l’euphorie acid house de Manchester, a réveillé Paris de La Luna au Palace en passant par le Rex Club. Précurseur de la techno made in France dès la fin des années 1980, il a ensuite irradié la planète des meilleures ondes, des raves aux warehouses, des clubs aux festivals. Le coffret Excess Luggage résume bien en cinq CD mixés la frénésie de ce DJ globetrotter, artiste qui garde les oreilles grandes ouvertes sur les bruits du monde, les courants du moment, les sons de la jeune génération. Début 2011, Laurent Garnier était d’ailleurs le seul Français parmi les 35 DJ sélectionnés du concours de meilleur DJ de tous les temps organisé par le magazine anglais Mixmag. Ultime reconnaissance pour cet as des platines, qui offre des mixes incroyables, nourris à la techno de Detroit ou d’ailleurs, aux illuminations jazz, à la sueur disco et la chaleur house, au groove africain, aux basses jungle ou dubstep.



Cet éclectisme musical est aussi le ciment de son engagement radiophonique. A l’orée des années 1990, Laurent Garnier passe derrière le micro et lance les disques à Radio FG, à Maxximum et surtout à Radio Nova dont il sera un des piliers pendant dix-huit ans. Dénicheur de raretés, sélecteur d’inédits, passeur de tendances, le DJ a trouvé dans le médium radiophonique une source d’accomplissement. Au point d’avoir créé en 2003 Pedro’s Broadcasting Basement (www.pedrobroadcast.com), sa propre webradio, ouverte jour et nuit, écoutable aux quatre coins du monde. Et comme si cela ne suffisait pas, Laurent Garnier anime depuis deux saisons l’émission hebdomadaire It Is What It Is, diffusée sur les ondes françaises (Le Mouv), belges (Pure FM), suisses (Couleur 3) et maliennes (La Chaîne 2).



Artiste en mouvement, insatiable et infatigable, Laurent Garnier déborde d’envies et multiplie les projets. En plus du DJing et des émissions radio, l’homme s’est progressivement mué en producteur renommé et attendu. Ses premiers anthems (Acid Eiffel, Wake Up), bande son de l’explosion de la techno en France, ont fait place à des albums long-format, pleins, entiers, aux souffles pluriels, aux énergies fortes. Des frémissements techno de Shot In The Dark aux aspirations généreuses de Tales Of A Kleptomaniac, en passant par l’envol électronique de 30, la maturité de Unreasonable Behaviour, ou encore l’évasion visionnaire de The Cloud Making Machine. En cinq albums, Laurent Garnier a tracé un parcours remarquable et reconnu. Un parcours agrémenté d’hymnes électroniques imparables, plébiscités aussi bien par les DJ que par les danseurs (Flashback, Crispy Bacon, The Man With The Red Face, Back To My Roots, Gnanmankoudji, It’s Just Muzik). La discographie de l’artiste est indissociable de F Communications, le label qu’il a créé en 1994 avec Eric Morand, et qui a révélé des producteurs comme Mr. Oizo, St Germain, Jori Hulkkonen, AlexKid ou Scan X.



Autant d’épisodes que Laurent Garnier et le journaliste-écrivain David Brun-Lambert ont narré dans le livre Electrochoc. Dans cet ouvrage biographique, paru en 2003, le musicien raconte, à travers son expérience et ses souvenirs, son épopée électronique. Véritable succès d’édition, Electrochoc a été traduit en espagnol, en allemand, en japonais, en russe et en croate et va enfin sortir en anglais en 2011 (en version digitale). Par ailleurs, Electrochoc sera la source d’inspiration d’un long-métrage de cinéma dont le scénario est en cours d’écriture.



En marge de ses albums et ses maxis, Laurent Garnier est aussi devenu un metteur en son de projets cinématographiques, télévisuels et scéniques. Il a ainsi réalisé la musique du long-métrage SDF Go Home, du dessin animé Globi and the Stolen Shadows et signé, courant 2010, l’habillage sonore de l’émission télé Groland. Pour la scène, Laurent Garnier a composé des bandes-sons pour des spectacles des chorégraphes Angelin Preljocaj et Marie-Claude Pietragalla. Durant l’été 2010, le musicien a travaillé une nouvelle fois avec Angelin Preljocaj pour la musique du ballet Suivront mille ans de calme avec les danseurs du Théâtre du Bolchoï. Autant d’expériences humaines et musicales marquantes, vibrantes, qui jalonnent un parcours fait d’engagement et de passion.



Derrière des platines ou le micro d’une station radio, Laurent Garnier a trouvé les moyens d’assouvir ses rêves d’enfant, d’offrir le meilleur de la musique aux danseurs, aux auditeurs. Peu à peu, le DJ s’est transformé en musicien accompli, apprécié. Sa force est d’avoir su amener sa propre musique sur scène. De l’Olympia en 1998 à la tournée de l’album Tales Of A Kleptomaniac en 2009/2010, Laurent Garnier est devenu un artiste scénique important. Défendant sa musique, sa vision, son urgence, ses improvisations. Entouré d’instrumentistes chevronnés, le musicien illumine les scènes comme le DJ ouvre mille sourires sur les dancefloors. Sa dernière tournée, une centaine de concerts sur dix-huit mois, a séduit des publics aussi différents que ceux du Nice Jazz Festival, du Festival de Benicàssim, de la salle Pleyel à Paris ou de la soirée I Love Techno à Gand.



Dans la continuité de cette tournée, le concept LBS – pour Live Booth Sessions ou Loud Bass & Samples – a été lancé à l’automne 2010. Ce concept en formation resserrée se fait à trois, avec Laurent Garnier (DJ et machines), Benjamin Rippert (claviers) et Scan X (machines). Nouvel espace d’expression et d’improvisation, entre techno, jazz, house, dub, breakbeat et dubstep, ce projet de musique live marie organique et électronique, avec la flexibilité du DJ et l’intensité du live. Spécialement créé pour rencontrer l’ambiance fiévreuse des clubs, le concept LBS use les dancefloors sur des sets marathons. Cinq heures non stop ! Une nouvelle arme de Laurent Garnier pour revenir au dancefloor. Avec générosité. Au contact des danseurs. Toujours. L’histoire de sa vie.



Olivier Pernot (février 2011)

Modification faite par f_u_s_e_r le 7 juin 2011, 8h33m

Tous les textes fournis par les utilisateurs sur cette page tombent sous la Licence Creative Commons Attribution/Share-Alike.
Les textes peuvent aussi être régis par la Licence de documentation libre GNU.

Factbox

Composée d'infos mises en évidence dans le wiki.

Aucune information sur cet artiste

Vous voyez la version 5. Voir les anciennes versions, ou discuter de ce wiki.

Vous pouvez également consulter une liste de tous les derniers wikis modifiés.